Transmission & succession

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Droits de succession 2026 : barème, abattements et calcul en 4 cas chiffrés

Abattements, barème progressif, rappel des donations, délais de paiement : la méthode complète pour calculer les droits de succession en 2026, illustrée par quatre cas chiffrés et à jour de la loi de finances pour 2026.

Droits de succession 2026 : barème, abattements et calcul en 4 cas chiffrés

Les droits de succession s'appliquent à la part nette de chaque héritier, après un abattement lié au lien de parenté : 100 000 euros par enfant, 15 932 euros par frère ou sœur, 1 594 euros à défaut. Le barème 2026 va de 5 % à 45 % en ligne directe et atteint 60 % entre non-parents ; le conjoint est exonéré.

Les droits de succession sont l'impôt que verse chaque héritier sur ce qu'il reçoit du défunt. Leur montant ne dépend pas de la taille globale du patrimoine. Il dépend de trois variables : la part nette revenant à l'héritier, son lien de parenté avec le défunt, et les donations consenties au cours des quinze années précédant le décès.

En 2026, le cadre reste celui des articles 777 à 788 du Code général des impôts. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) n'a modifié ni le barème ni les abattements ; elle a en revanche resserré le pacte Dutreil. Ce guide détaille le calcul pas à pas, avec quatre cas chiffrés, pour les héritiers qui doivent estimer une facture comme pour les familles qui préparent une transmission.

Avnear, cabinet indépendant de gestion privée, intervient en amont de ces échéances. Chiffrer ce que coûterait une succession ouverte aujourd'hui est la première étape de toute stratégie de transmission, avant même le choix d'un outil.

Que sont les droits de succession et qui doit les payer ?

Les droits de succession sont des droits de mutation à titre gratuit dus par chaque héritier, légataire ou donataire sur la valeur nette des biens qu'il reçoit au décès. Ils sont distincts des émoluments du notaire, qui rémunèrent l'établissement des actes, et des frais de partage.

Chaque héritier est redevable de ses propres droits, calculés sur sa seule part. Deux héritiers d'une même succession peuvent donc payer des montants très différents : un enfant et un neveu ne bénéficient ni du même abattement ni du même barème. Les droits sont réglés lors du dépôt de la déclaration de succession, que le notaire prépare dans la plupart des cas.

Le conjoint marié et le partenaire de Pacs survivants sont exonérés de droits de succession. Cette exonération ne dispense pas de déposer la déclaration lorsque l'actif brut successoral atteint 50 000 euros. Pour le partenaire de Pacs, elle suppose en outre un testament : la loi ne lui confère aucune vocation héréditaire légale.

Quels biens entrent dans le calcul des droits de succession ?

L'assiette des droits de succession comprend l'ensemble des biens du défunt au jour du décès : immobilier, comptes bancaires, titres, parts de société, objets de valeur. Les biens situés à l'étranger y entrent également lorsque le défunt avait son domicile fiscal en France, sous réserve des conventions fiscales applicables.

Deux règles d'évaluation allègent l'assiette. Les meubles meublants sont retenus à leur valeur d'inventaire notarié ou, à défaut, à un forfait de 5 % des autres biens. La résidence principale bénéficie d'un abattement de 20 % sur sa valeur lorsqu'elle est occupée, au jour du décès, par le conjoint, le partenaire de Pacs ou un enfant mineur ou majeur protégé.

Le passif vient ensuite en déduction : emprunts restant dus au jour du décès, impôts dus par le défunt, frais funéraires dans la limite de 1 500 euros. Le résultat constitue l'actif net successoral, qui sera réparti entre les héritiers.

Quels abattements s'appliquent en 2026 selon le lien de parenté ?

L'abattement de succession est la fraction de la part reçue qui échappe à l'impôt. Il dépend du lien entre l'héritier et le défunt, s'applique héritier par héritier et se reconstitue au-delà de quinze ans entre les mêmes personnes. Les montants ci-dessous sont ceux du Code général des impôts en vigueur en novembre 2026.

BénéficiaireAbattement 2026Fondement (CGI)
Conjoint marié ou partenaire de PacsExonération totaleArt. 796-0 bis
Enfant, père ou mère100 000 €Art. 779, I
Petit-enfant venant en représentationQuote-part des 100 000 € du parent représentéArt. 779, I
Petit-enfant légataire, parent vivant1 594 €Art. 788, IV
Frère ou sœur15 932 €, ou exonération sous conditionsArt. 779, IV et 796-0 ter
Neveu ou nièce7 967 €Art. 779, V
Héritier en situation de handicap159 325 €, cumulable avec l'abattement de parentéArt. 779, II
Autre héritier (bel-enfant, concubin, ami)1 594 €Art. 788, IV

Quand les frères et sœurs sont-ils totalement exonérés de droits de succession ?

Un frère ou une sœur est exonéré de droits de succession lorsqu'il remplit trois conditions au jour du décès. Il doit être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps. Il doit avoir plus de 50 ans ou être atteint d'une infirmité l'empêchant de travailler. Il doit enfin avoir été constamment domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès.

À défaut de l'une de ces conditions, le frère ou la sœur bénéficie de l'abattement de 15 932 euros, puis du barème spécifique à 35 % et 45 %. La condition de cohabitation est la plus souvent contestée : elle se prouve par des documents de domiciliation couvrant toute la période.

Pourquoi les beaux-enfants restent à 1 594 euros d'abattement en 2026

L'enfant du conjoint, non adopté, reste fiscalement un tiers en 2026. Il bénéficie de l'abattement de 1 594 euros puis d'un taux unique de 60 % sur le surplus. L'article 788 du CGI, consulté sur Légifrance en novembre 2026, est toujours dans sa version en vigueur depuis le 1er août 2020 et ne comporte aucune disposition propre aux beaux-enfants.

Plusieurs publications ont pourtant annoncé un abattement de 15 932 euros créé par la loi de finances pour 2026. Cette mesure a été discutée lors des débats budgétaires mais ne figure pas dans le texte promulgué. Une famille recomposée qui bâtirait sa transmission sur ce chiffre sous-estimerait les droits de plus de 8 000 euros par bel-enfant.

Comment s'applique l'abattement en faveur d'un héritier handicapé ?

L'abattement handicap de 159 325 euros bénéficie à tout héritier incapable de travailler dans des conditions normales de rentabilité en raison d'une infirmité physique ou mentale, congénitale ou acquise. Il s'ajoute à l'abattement de parenté. Un enfant concerné reçoit ainsi 259 325 euros sans droits de la part de chacun de ses parents.

Que change la représentation pour les petits-enfants et les neveux ?

La représentation permet à un descendant de recueillir la part d'un héritier prédécédé ou renonçant. Fiscalement, les représentants se partagent l'abattement de l'héritier représenté et appliquent son barème. Deux petits-enfants qui représentent leur père prédécédé se partagent ainsi 100 000 euros d'abattement et relèvent du barème en ligne directe.

La même logique vaut pour les neveux et nièces qui représentent un frère ou une sœur du défunt : ils se partagent l'abattement de 15 932 euros et bénéficient du barème à 35 % et 45 %, plus favorable que le taux de 55 % qui s'applique lorsqu'ils héritent de leur propre chef.

Quel est le barème des droits de succession en 2026 ?

Le barème des droits de succession s'applique à la part nette taxable, c'est-à-dire après abattement. Il est fixé par l'article 777 du CGI, dans sa version en vigueur depuis le 30 décembre 2014, et n'a pas été revalorisé par la loi de finances pour 2026. Trois tarifs coexistent selon le lien de parenté.

Barème en ligne directe : enfants, petits-enfants, parents

Le barème en ligne directe est progressif, de 5 % à 45 %. Chaque taux ne s'applique qu'à la fraction de la part taxable comprise dans sa tranche. La tranche à 20 %, qui s'étend de 15 932 à 552 324 euros, concentre l'essentiel des successions familiales.

Part taxable après abattementTauxDroits cumulés en fin de tranche
Jusqu'à 8 072 €5 %403,60 €
De 8 072 € à 12 109 €10 %807,30 €
De 12 109 € à 15 932 €15 %1 380,75 €
De 15 932 € à 552 324 €20 %108 659,15 €
De 552 324 € à 902 838 €30 %213 813,35 €
De 902 838 € à 1 805 677 €40 %574 948,95 €
Au-delà de 1 805 677 €45 %-

Barème entre frères et sœurs, collatéraux et non-parents

Hors ligne directe, le barème des droits de succession devient nettement plus lourd. Les frères et sœurs relèvent de deux tranches, les autres parents jusqu'au quatrième degré d'un taux unique de 55 %, et toutes les autres personnes d'un taux unique de 60 %.

Lien avec le défuntPart taxable après abattementTaux
Frère ou sœurJusqu'à 24 430 €35 %
Frère ou sœurAu-delà de 24 430 €45 %
Parent jusqu'au 4e degré (neveu, nièce, oncle, tante, cousin germain)Totalité55 %
Parent au-delà du 4e degré et non-parent (bel-enfant, concubin, ami)Totalité60 %

Comment calculer rapidement les droits de succession sans dérouler toutes les tranches ?

Le calcul tranche par tranche peut se condenser en une formule par tranche : on applique le taux marginal à la totalité de la part taxable, puis on retranche une constante qui neutralise les tranches inférieures. Avnear utilise ces formules pour les premiers chiffrages de transmission ; elles donnent le même résultat que le barème légal, au centime près.

Part taxable (P) après abattementFormule de calcul des droits
Ligne directe, jusqu'à 8 072 €P × 5 %
Ligne directe, de 8 072 € à 12 109 €P × 10 % − 403,60 €
Ligne directe, de 12 109 € à 15 932 €P × 15 % − 1 009,05 €
Ligne directe, de 15 932 € à 552 324 €P × 20 % − 1 805,65 €
Ligne directe, de 552 324 € à 902 838 €P × 30 % − 57 038,05 €
Ligne directe, de 902 838 € à 1 805 677 €P × 40 % − 147 321,85 €
Ligne directe, au-delà de 1 805 677 €P × 45 % − 237 605,70 €
Frère ou sœur, jusqu'à 24 430 €P × 35 %
Frère ou sœur, au-delà de 24 430 €P × 45 % − 2 443 €

Un enfant dont la part taxable atteint 300 000 euros paie ainsi 300 000 × 20 % − 1 805,65, soit 58 194,35 euros. La formule ne remplace pas le travail du notaire : elle suppose que l'actif net, le partage et les donations antérieures ont été correctement établis.

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Comment calculer les droits de succession en quatre étapes ?

Le calcul des droits de succession suit toujours le même enchaînement. Chaque étape conditionne la suivante, et une erreur en amont fausse tout le résultat.

  1. Établir l'actif net successoral, après liquidation du régime matrimonial.
  2. Répartir cet actif entre les héritiers selon la loi, le testament ou la donation entre époux.
  3. Déduire de chaque part l'abattement disponible, après rappel des donations de moins de quinze ans.
  4. Appliquer à chaque part taxable le barème correspondant au lien de parenté.

Étape 1 : établir l'actif net après liquidation du régime matrimonial

La liquidation du régime matrimonial précède toujours le calcul des droits de succession. Sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts, la moitié des biens communs appartient déjà au conjoint survivant : elle n'entre pas dans la succession. Seuls la moitié de la communauté et les biens propres du défunt forment l'actif successoral.

Le régime matrimonial et la dévolution successorale restent deux mécanismes distincts. Une communauté universelle ne transmet pas automatiquement tout au survivant : il faut une clause d'attribution intégrale dans le contrat de mariage. Cette clause évite toute succession au premier décès, mais les enfants ne bénéficient alors qu'une seule fois de l'abattement de 100 000 euros, au second décès.

Étape 2 : répartir l'actif entre les héritiers

La répartition de la succession découle du Code civil, sauf testament ou donation entre époux. Selon l'article 757 du Code civil, lorsque le défunt laisse des enfants tous issus du couple, le conjoint survivant choisit entre l'usufruit de la totalité des biens et la pleine propriété du quart. En présence d'enfants d'une autre union, il reçoit le quart en pleine propriété.

Lorsque le conjoint opte pour l'usufruit, les enfants reçoivent la nue-propriété. Sa valeur fiscale dépend de l'âge de l'usufruitier au jour du décès, selon le barème de l'article 669 du CGI.

Âge de l'usufruitierValeur de l'usufruitValeur de la nue-propriété
Moins de 21 ans90 %10 %
De 21 à 30 ans80 %20 %
De 31 à 40 ans70 %30 %
De 41 à 50 ans60 %40 %
De 51 à 60 ans50 %50 %
De 61 à 70 ans40 %60 %
De 71 à 80 ans30 %70 %
De 81 à 90 ans20 %80 %
91 ans et plus10 %90 %

Au décès du conjoint usufruitier, les enfants récupèrent la pleine propriété sans nouveaux droits : l'article 1133 du CGI prévoit que la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne lieu à aucun impôt. Les droits payés au premier décès sur la nue-propriété sont donc définitifs.

Étape 3 : déduire l'abattement, après rappel fiscal des donations

Le rappel fiscal des donations réduit l'abattement disponible au décès. Les donations consenties par le défunt au même héritier depuis moins de quinze ans s'imputent d'abord sur l'abattement. Un enfant qui a reçu 60 000 euros il y a dix ans ne dispose plus que de 40 000 euros d'abattement dans la succession.

Les donations de plus de quinze ans ne sont pas rappelées : l'abattement est intégralement reconstitué. Les dons familiaux de sommes d'argent déclarés dans le mois suivant le don échappent aussi à ce rappel, selon la fiche officielle Service-Public sur le calcul des droits de succession, vérifiée en février 2026.

Étape 4 : appliquer le barème à chaque part taxable

Le barème des droits de succession s'applique en dernier, héritier par héritier. Lorsque des donations rappelées ont déjà été taxées, elles occupent les tranches basses du barème : la part successorale est alors imposée à partir des tranches suivantes, plus élevées. Ce mécanisme explique qu'une donation ancienne de moins de quinze ans peut alourdir le taux marginal au décès.

Quatre calculs chiffrés de droits de succession en 2026

Les quatre profils ci-dessous sont illustratifs. Ils appliquent le barème et les abattements en vigueur en novembre 2026, sans donation antérieure sauf mention contraire, et ne se substituent pas à une liquidation notariale.

Cas 1 : un enfant unique hérite de 400 000 euros

Un parent veuf laisse un actif net de 400 000 euros à son seul enfant. L'abattement de 100 000 euros ramène la part taxable à 300 000 euros. Les droits s'élèvent à 58 194 euros, soit un taux moyen d'environ 14,5 % de l'héritage reçu, alors que la tranche marginale atteint 20 %.

Cas 2 : un couple marié avec deux enfants, succession de 1 000 000 euros

Après liquidation de la communauté, la succession du premier défunt représente 1 000 000 euros. Le conjoint survivant, âgé de 72 ans, opte pour l'usufruit de la totalité. Il est exonéré. Les deux enfants reçoivent la nue-propriété, évaluée à 70 % selon l'article 669, soit 350 000 euros chacun.

Après l'abattement de 100 000 euros, chaque enfant est taxé sur 250 000 euros et paie 48 194 euros de droits. Le total atteint 96 389 euros. Si le conjoint avait choisi le quart en pleine propriété, chaque enfant aurait reçu 375 000 euros et payé 53 194 euros, soit 106 389 euros au total. L'option du conjoint dépend toutefois d'abord de ses besoins de revenus et de liquidités, pas seulement de la facture fiscale.

Cas 3 : un frère hérite de 200 000 euros

Un défunt célibataire, sans descendant et dont les parents sont décédés, laisse 200 000 euros à son frère, qui ne remplit pas les conditions d'exonération. Après l'abattement de 15 932 euros, la part taxable atteint 184 068 euros. Les droits s'élèvent à 80 388 euros, soit un taux moyen d'environ 40,2 %.

Cas 4 : une belle-fille reçoit 100 000 euros par testament

Dans une famille recomposée, un beau-père lègue 100 000 euros à la fille de son épouse, qu'il n'a pas adoptée. Elle bénéficie de l'abattement de 1 594 euros puis du taux de 60 %. Les droits atteignent 59 044 euros. Un enfant du défunt n'aurait rien payé sur le même montant.

Profil illustratifPart reçueAbattementPart taxableDroitsTaux moyen
Cas 1 : enfant unique400 000 €100 000 €300 000 €58 194 €14,5 %
Cas 2 : chaque enfant, nue-propriété350 000 €100 000 €250 000 €48 194 €13,8 %
Cas 3 : frère200 000 €15 932 €184 068 €80 388 €40,2 %
Cas 4 : belle-fille légataire100 000 €1 594 €98 406 €59 044 €59,0 %

Ces quatre cas montrent que le lien de parenté pèse davantage que le montant transmis. À montant égal, l'écart de droits entre un enfant et un bel-enfant dépasse 59 000 euros sur 100 000 euros transmis.

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Quelles exonérations et régimes particuliers réduisent les droits de succession ?

Plusieurs régimes dérogatoires réduisent ou suppriment les droits de succession sur certains actifs ou certains bénéficiaires. Chacun obéit à des conditions précises, et leur non-respect entraîne la reprise de l'avantage.

L'assurance-vie suit un régime fiscal distinct

Les capitaux d'assurance-vie versés au décès ne suivent pas le barème de l'article 777. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 euros au titre de l'article 990 I du CGI. Le choix des bénéficiaires est donc décisif, et la manière de rédiger une clause bénéficiaire qui exploite ces abattements mérite autant d'attention que le contrat lui-même.

Les primes versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B : au-delà d'un abattement global de 30 500 euros, elles réintègrent l'assiette des droits de succession, tandis que les gains restent exonérés. Ce régime spécifique des primes versées après 70 ans modifie sensiblement le calcul pour les épargnants âgés.

Le pacte Dutreil pour la transmission d'entreprise, durci en 2026

Le pacte Dutreil exonère de droits de succession 75 % de la valeur des titres d'une société opérationnelle, sous engagements de conservation. Depuis la loi de finances pour 2026, applicable aux transmissions intervenues à compter du 21 février 2026, l'engagement individuel des héritiers passe à six ans, après un engagement collectif d'au moins deux ans.

La même réforme exclut de l'exonération la fraction de valeur représentative de certains actifs non affectés à l'activité : logements et résidences, véhicules de tourisme, yachts, objets d'art ou de collection, vins et alcools, notamment. Le non-respect d'un engagement entraîne la remise en cause de l'exonération partielle.

Les dons à une fondation dans les douze mois suivant le décès

Un héritier peut réduire sa propre part taxable en remettant, dans les douze mois du décès, des biens reçus à une fondation ou une association reconnue d'utilité publique, à l'État ou à certains organismes d'intérêt général. Un abattement égal à la valeur donnée s'applique alors sur sa part, en vertu du III de l'article 788. Il n'est pas cumulable avec la réduction d'impôt sur le revenu pour dons.

Quels sont les délais et modalités de paiement des droits de succession ?

La déclaration de succession doit être déposée, et les droits payés, dans les six mois du décès lorsque celui-ci survient en France métropolitaine. Le délai est porté à douze mois dans les autres cas, notamment lorsque le décès intervient hors de France métropolitaine.

Certaines petites successions sont dispensées de déclaration. Les héritiers en ligne directe, le conjoint et le partenaire de Pacs en sont dispensés lorsque l'actif brut successoral est inférieur à 50 000 euros et qu'ils n'ont pas reçu du défunt de donation non déclarée. Pour les autres héritiers, le seuil est de 3 000 euros.

Le retard coûte cher. Un intérêt de retard de 0,20 % par mois s'applique aux droits dus à compter du septième mois suivant le décès. Une majoration de 10 % s'y ajoute lorsque la déclaration est déposée au-delà du douzième mois, et elle s'alourdit en cas de mise en demeure restée sans effet.

Les héritiers qui manquent de liquidités peuvent demander un paiement fractionné, en versements semestriels assortis d'intérêts, sur une durée allongée lorsque l'actif comprend une majorité de biens non liquides. L'héritier qui reçoit la nue-propriété peut demander un paiement différé jusqu'à six mois après la réunion de l'usufruit. Ces demandes se joignent à la déclaration et exigent des garanties ; le taux d'intérêt applicable est fixé chaque année.

Quelles erreurs faussent le plus souvent l'estimation des droits de succession ?

Une estimation erronée des droits de succession conduit soit à une mauvaise surprise de trésorerie, soit à une stratégie de transmission mal calibrée. Dans les dossiers de transmission étudiés par Avnear, quatre écarts reviennent régulièrement.

Calculer sur le patrimoine du couple au lieu de la part du défunt

Calculer les droits sur l'ensemble du patrimoine familial surestime fortement la facture. En régime de communauté, la moitié des biens communs revient au survivant avant tout partage. Le calcul doit partir de la seule masse successorale, puis de la part de chaque héritier.

Oublier les donations des quinze dernières années

Oublier le rappel fiscal conduit à compter un abattement qui n'existe plus. Une donation de 100 000 euros consentie il y a douze ans à un enfant a épuisé son abattement : la totalité de sa part successorale devient taxable dès le premier euro.

Confondre régime matrimonial et droits du conjoint

Supposer que le conjoint « hérite de tout » est une erreur fréquente. Sans testament, donation entre époux ou clause d'attribution intégrale, ses droits se limitent à l'option prévue par l'article 757 du Code civil. Le reste revient aux enfants, avec les droits correspondants.

Retenir l'abattement annoncé pour les beaux-enfants

Retenir l'abattement de 15 932 euros pour un bel-enfant fausse le chiffrage des familles recomposées. Le droit en vigueur en 2026 maintient l'abattement de 1 594 euros et le taux de 60 %. Toute stratégie de transmission à un bel-enfant doit partir de ce régime.

Comment réduire légalement les droits de succession avant le décès ?

La réduction des droits de succession passe d'abord par le temps. Les abattements de donation, identiques à ceux de la succession en ligne directe, se reconstituent tous les quinze ans : un parent qui donne tôt peut mobiliser plusieurs fois l'abattement de 100 000 euros par enfant.

Le démembrement de propriété réduit la valeur taxable : donner la nue-propriété à 65 ans revient à transmettre fiscalement 60 % de la valeur, et la reconstitution de la pleine propriété au décès ne coûte aucun droit. L'assurance-vie, le pacte Dutreil pour les entreprises et l'aménagement du régime matrimonial complètent ces outils, chacun avec ses contraintes et ses risques de requalification.

Le choix et l'ordre de ces leviers dépendent de la composition familiale, de la nature des actifs et des besoins de revenus du donateur. Pour les patrimoines devenus complexes, l'accompagnement en gestion de fortune Avnear coordonne cette stratégie avec le notaire et l'avocat fiscaliste, qui restent seuls compétents pour rédiger les actes.

Conclusion : les droits de succession se préparent avant d'être calculés

Les droits de succession en 2026 reposent sur une mécanique stable : actif net, partage, abattement, barème. Le barème de l'article 777 et les abattements de l'article 779 n'ont pas évolué avec la loi de finances pour 2026. L'abattement de 100 000 euros n'a plus été revalorisé depuis 2012 : à règles constantes, la hausse des valeurs patrimoniales accroît mécaniquement la part taxable.

La facture finale dépend moins du montant transmis que du lien de parenté et du calendrier des donations. Pour l'héritier qui a réglé les droits, la question suivante est celle de l'emploi du capital reçu, que détaille notre guide sur les stratégies pour placer un capital hérité.

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Questions fréquentes sur les droits de succession

Aucun, si le parent défunt ne lui a consenti aucune donation au cours des quinze années précédant le décès : l'abattement de 100 000 euros couvre alors toute la part. Si une donation de 40 000 euros a été consentie il y a dix ans, l'abattement résiduel n'est plus que de 60 000 euros. La part taxable atteint 40 000 euros et les droits s'élèvent à 6 194 euros au barème 2026.
Le conjoint marié et le partenaire de Pacs héritent sans droits, quel que soit le montant. Un enfant reçoit 100 000 euros par parent en franchise, un frère ou une sœur 15 932 euros, un neveu ou une nièce 7 967 euros, tout autre héritier 1 594 euros. Une personne handicapée ajoute 159 325 euros à son abattement de parenté. Ces montants s'entendent hors donations consenties dans les quinze ans précédant le décès.
Non. L'article 788 du CGI, dans sa version en vigueur depuis le 1er août 2020, ne prévoit qu'un abattement de 1 594 euros pour l'enfant du conjoint non adopté, taxé ensuite à 60 %. L'abattement de 15 932 euros évoqué lors des débats budgétaires n'a pas été retenu dans la loi de finances pour 2026. L'adoption simple de l'enfant du conjoint permet en principe d'accéder au tarif en ligne directe.
Sur la part de chacun. Les droits sont calculés héritier par héritier, sur la part nette reçue après liquidation du régime matrimonial et partage. Chaque héritier applique son propre abattement puis son propre barème. Deux enfants qui se partagent 600 000 euros sont ainsi taxés chacun sur 300 000 euros moins 100 000 euros d'abattement, soit 38 194 euros de droits chacun.
Un intérêt de retard de 0,20 % par mois s'applique dès le septième mois suivant le décès, sur les droits non acquittés. Au-delà du douzième mois, une majoration de 10 % s'ajoute aux intérêts, et elle s'alourdit en cas de mise en demeure restée sans effet. Une demande de paiement fractionné ou différé doit être jointe à la déclaration : elle ne régularise pas un dépôt tardif.
Non. Les droits de succession sont un impôt versé au Trésor public, calculé sur la part de chaque héritier. Les émoluments du notaire rémunèrent l'établissement des actes, comme l'attestation immobilière ou l'acte de notoriété, et suivent un tarif réglementé. Les deux s'additionnent dans le coût total d'une succession, mais seuls les droits dépendent du lien de parenté.
Oui. À partir de la composition familiale et de l'inventaire des actifs, Avnear chiffre l'ordre de grandeur des droits et compare plusieurs scénarios : donation, démembrement, assurance-vie. Le premier échange dure 45 minutes et concerne les patrimoines à partir de 250 000 euros. Avnear ne rédige aucun acte : la mise en œuvre relève du notaire, avec qui le cabinet se coordonne.

Résumé

  • Les droits de succession se calculent héritier par héritier, sur la part nette reçue après liquidation du régime matrimonial.
  • Abattements 2026 : exonération du conjoint et du partenaire de Pacs, 100 000 euros par enfant, 15 932 euros par frère ou sœur, 7 967 euros par neveu ou nièce, 1 594 euros à défaut.
  • Barème 2026 : de 5 % à 45 % en ligne directe, 35 % puis 45 % entre frères et sœurs, 55 % jusqu'au 4e degré, 60 % au-delà et entre non-parents.
  • Les donations de moins de quinze ans réduisent l'abattement disponible au décès.
  • Les beaux-enfants non adoptés restent à 1 594 euros d'abattement et 60 % de taux en 2026.
  • La déclaration et le paiement interviennent dans les six mois du décès en France métropolitaine, sous peine d'intérêts de 0,20 % par mois.

À retenir

  • Le lien de parenté pèse davantage que le montant transmis sur la facture finale.
  • La loi de finances pour 2026 n'a modifié ni le barème ni les abattements ; elle a durci le pacte Dutreil.
  • L'usufruit du conjoint réduit les droits immédiats des enfants, sans nouveaux droits au second décès.
  • Anticiper par donation permet de mobiliser plusieurs fois les abattements, tous les quinze ans.

Sources et références réglementaires

  1. Code général des impôts, art. 777 : tarif des droits de mutation à titre gratuit, version en vigueur depuis le 30/12/2014 (loi n° 2014-1655). Légifrance, consultation 11/2026.
  2. Code général des impôts, art. 779 à 787 C : abattements (art. 779, version du 01/01/2013), pacte Dutreil (art. 787 B, modifié par la loi n° 2026-103 du 19/02/2026, art. 8). Légifrance, consultation 11/2026.
  3. Code général des impôts, art. 788 : abattement de 1 594 euros et dons aux organismes d'intérêt général, version en vigueur depuis le 01/08/2020. Légifrance, consultation 11/2026.
  4. Code civil, art. 757 : droits du conjoint survivant, version en vigueur depuis le 01/07/2002. Légifrance, consultation 11/2026.
  5. Code général des impôts, art. 1133 : réunion de l'usufruit à la nue-propriété. Légifrance, consultation 11/2026.
  6. BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50 : barème de l'usufruit et de la nue-propriété (art. 669 CGI), version du 27/05/2013. Consultation 11/2026.
  7. BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-60-10 : obligation de déclaration et dispenses (art. 800 CGI), version du 12/09/2012. Consultation 11/2026.
  8. Service-Public, fiche F14198 : droits de succession, évaluation et calcul, vérifiée le 09/02/2026. Consultation 11/2026.
  9. Direction générale des finances publiques, notice de la déclaration de succession n° 2705-SD, millésime 2025 : intérêt de retard. Consultation 11/2026.

Règles applicables aux successions ouvertes en 2026, conformément au Code général des impôts dans sa rédaction issue de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026).

Clause de conformité

Les informations contenues dans ce document sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas un conseil juridique, fiscal ou financier individualisé. Malgré le soin apporté à leur exactitude et leur actualisation, Avnear ne saurait être tenu responsable des décisions prises sur la base de ce document. Toute opération patrimoniale doit faire l'objet d'une analyse personnalisée prenant en compte la situation spécifique du lecteur, sa résidence fiscale, ses objectifs et ses contraintes. Il est fortement recommandé de consulter un professionnel agréé (conseiller en gestion de patrimoine, avocat fiscaliste, notaire) avant toute souscription ou structuration patrimoniale.

Vérifiez les donations des quinze dernières années

Toute donation consentie depuis moins de quinze ans au même héritier réduit son abattement au décès. Rassemblez les actes de donation et les déclarations de dons manuels avant tout chiffrage : sans eux, l’estimation des droits est faussée dès le départ.

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Liquidez le régime matrimonial avant de calculer

En communauté, la moitié des biens communs appartient déjà au conjoint survivant et n’entre pas dans la succession. Calculer les droits sur le patrimoine du couple surestime fortement la facture des enfants.

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Anticipez la trésorerie des droits

Les droits se paient dans les six mois du décès, souvent avant la vente des biens. Si les liquidités manquent, la demande de paiement fractionné ou différé doit être jointe à la déclaration, avec des garanties.

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