Fiscalité patrimoniale & internationale

8 min de lecture

Régime réel vs micro-foncier : quand basculer et comment calculer le gain réel

Le micro-foncier s'applique de plein droit si vos revenus fonciers bruts n'excèdent pas 15 000 euros par an. Il ouvre droit à un abattement forfaitaire de 30 %. Le régime réel permet la déduction des charges effectives. Le basculement devient avantageux dès que vos charges réelles dépassent 30 % des loyers bruts, sous réserve d'une option irrévocable de trois ans.

Choisir entre micro-foncier et régime réel n'est pas une formalité déclarative. C'est une décision fiscale qui engage le contribuable sur trois années et dont l'impact financier peut représenter plusieurs milliers d'euros par an.

En pratique, de nombreux propriétaires conservent le micro-foncier par défaut, attirés par sa simplicité. D'autres basculent au régime réel sans avoir vérifié si leurs charges dépassent effectivement le seuil de rentabilité. Dans les deux cas, l'absence de calcul préalable a un coût.

Cet article pose la méthode. Il identifie les charges déductibles, présente deux scénarios chiffrés contrastés et situe ces optimisations dans le cadre plus large de la détention immobilière en nom propre. Les règles fiscales mentionnées sont applicables aux opérations réalisées à compter du 1er janvier 2025, conformément à la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), sauf indication contraire.

Votre fiscalité locative est-elle encore au bon régime ? Un audit patrimonial permet de mesurer précisément votre charge fiscale effective sur vos revenus fonciers et d'identifier les leviers disponibles selon votre profil. Nos conseillers Avnear réalisent cette analyse sans engagement.  

1. Le micro-foncier : un abattement forfaitaire aux limites bien réelles

1.1 Le mécanisme

Le micro-foncier est un régime simplifié réservé aux propriétaires dont les revenus fonciers bruts annuels n'excèdent pas 15 000 euros. L'administration fiscale applique un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers perçus. Le revenu net imposable est donc égal à 70 % des loyers bruts déclarés, sans que le contribuable ait à justifier ses dépenses.

Ce régime est applicable de plein droit. L'option pour le régime réel doit être exprimée explicitement via la déclaration de revenus fonciers (formulaire 2044).

1.2 Ce que l'abattement de 30 % représente concrètement

L'abattement forfaitaire est censé couvrir la totalité des charges : intérêts d'emprunt, travaux, assurances, taxe foncière, frais de gestion et de procédure. Il est fixé à 30 % des revenus bruts, quelles que soient les dépenses réelles.

Cette logique forfaitaire est favorable lorsque les charges effectives représentent moins de 30 % des loyers perçus. Elle devient défavorable dès que les dépenses réelles franchissent ce seuil, ce qui est fréquent en présence d'un emprunt immobilier, de travaux de rénovation ou d'une gestion externalisée.

1.3 Les cas d'exclusion du régime micro-foncier

Certains propriétaires ne peuvent pas bénéficier du micro-foncier, quel que soit le montant de leurs revenus. L'exclusion s'applique notamment en cas de détention de parts de SCPI soumises au régime réel, de bien relevant d'un régime de déduction spécifique (monument historique, dispositifs Périssol, Besson en secteur locatif, Robien, Borloo ou Cosse), ou de bien faisant l'objet d'un engagement de location avec déduction spécifique.

Le dispositif Jeanbrun, instauré par la LFI 2026 (voir section 6), est lui aussi incompatible avec le micro-foncier. Dans toutes ces situations, le régime réel s'impose sans possibilité d'option contraire.

2. Le régime réel : les charges admises et le déficit foncier

2.1 Les charges effectivement déductibles

Le régime réel permet de déduire les charges réellement supportées pour l'acquisition ou la conservation des revenus fonciers, conformément à l'article 31 du CGI. Les principales catégories sont les suivantes : intérêts et frais d'emprunt liés à l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration du bien loué, dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration, primes d'assurance y compris les contrats couvrant les loyers impayés, provisions pour charges de copropriété régularisées l'année de leur versement effectif, taxe foncière à l'exclusion de la part de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères refacturée au locataire, frais de gestion locative, d'administration et de procédure.

Les dépenses de construction, d'agrandissement ou de modification substantielle de la structure du bien ne sont pas déductibles au titre des revenus fonciers. Elles peuvent, dans certains cas limités, être incorporées à la valeur d'acquisition pour le calcul de la plus-value immobilière lors de la cession.

2.2 Le déficit foncier : logique et encadrement

Lorsque le total des charges déductibles excède les revenus fonciers bruts, il se forme un déficit foncier. Ce déficit est imputable sur le revenu global du contribuable dans la limite annuelle de 10 700 euros, conformément à l'article 156, I, 3° du CGI. Seule la fraction non attribuable aux intérêts d'emprunt est concernée par cette imputation sur le revenu global. La fraction générée par les intérêts, ainsi que l'excédent non-intérêts au-delà de 10 700 euros, sont reportables uniquement sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Cette limite de 10 700 euros est temporairement portée à 21 400 euros pour les dépenses de rénovation énergétique permettant à un bien de passer d'une classe énergétique E, F ou G à une classe A, B, C ou D. Deux périodes se distinguent. Pour les dépenses dont le devis a été accepté à compter du 5 novembre 2022 et payées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025, le rehaussement découle de la loi de finances rectificative pour 2022. Pour les dépenses payées entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2027, la LFI 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a prorogé ce dispositif.

Un risque de reprise existe : si le bien loué est cédé dans les trois années suivant l'imputation d'un déficit sur le revenu global, cette déduction est remise en cause et réintégrée dans le revenu imposable de l'année de cession.

2.3 L'irrévocabilité de l'option sur trois ans

En dessous du seuil de 15 000 euros de revenus bruts, l'option pour le régime réel est volontaire. Elle s'exerce par le dépôt de la déclaration 2044. Cette option est irrévocable pendant l'année d'exercice et les deux années suivantes, soit un engagement minimal de trois exercices fiscaux (article 32, alinéa 2 du CGI).

Dès que les revenus fonciers bruts dépassent 15 000 euros par an, le régime réel devient obligatoire sans possibilité d'option contraire.

Cette contrainte d'irrévocabilité impose un calcul prévisionnel sur au moins trois ans. Un pic de travaux concentré sur un seul exercice, suivi de deux années sans charges significatives, peut rendre l'option au régime réel globalement désavantageuse sur la période totale.

3. Calculer le point de bascule : méthode et scénarios

3.1 La logique du seuil de rentabilité

Le régime réel devient avantageux dès que les charges réelles déductibles dépassent 30 % des revenus fonciers bruts, puisque c'est précisément le niveau de l'abattement forfaitaire du micro-foncier. L'économie fiscale annuelle générée par le basculement se calcule ainsi :

Gain fiscal annuel = (Charges réelles − Abattement forfaitaire) × (TMI + 17,2 %)

où TMI désigne le taux marginal d'imposition à l'IR, selon le barème progressif applicable aux revenus 2025 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Ce calcul doit être réalisé sur les trois années d'irrévocabilité pour mesurer l'opportunité réelle de l'option.

Note de méthode sur les scénarios ci-dessous. Le TMI est appliqué directement à la totalité du revenu foncier net. Il s'agit d'une approximation illustrative, valable lorsque l'intégralité des revenus fonciers se situe dans la tranche marginale du foyer. En pratique, l'impôt dû s'obtient par application du barème progressif à l'ensemble du revenu imposable du foyer. Par ailleurs, 6,8 % de la CSG (sur les 9,2 % composant les prélèvements sociaux) est déductible du revenu imposable de l'année suivante, en vertu de l'article 154 quinquies du CGI, ce qui réduit légèrement la charge fiscale effective. Les tableaux ci-dessous ne tiennent pas compte de cette déductibilité partielle et présentent donc des charges légèrement surestimées.

3.2 Scénario 1 : propriétaire avec emprunt et travaux d'entretien

Situation : M. D., 54 ans, détient un appartement en nom propre à Lyon. Revenus fonciers bruts annuels : 13 200 euros. Il rembourse un emprunt générant 3 100 euros d'intérêts annuels. Il a engagé 3 800 euros de travaux d'entretien dans l'année. Taxe foncière : 1 600 euros. Assurance : 350 euros. Frais de gestion : 660 euros. Taux marginal d'imposition : 30 % (tranche de 29 580 euros à 84 577 euros, barème 2026 sur revenus 2025).

Total charges réelles déductibles : 9 510 euros, soit 72 % des revenus bruts.

Critère Micro-foncier Régime réel
Revenus fonciers bruts 13 200 € 13 200 €
Déduction applicable Abattement forfaitaire 30 % : 3 960 € Charges réelles : 9 510 €
Revenu net imposable 9 240 € 3 690 €
IR (TMI 30 %) 2 772 € 1 107 €
Prélèvements sociaux (17,2 %) 1 589 € 635 €
Charge fiscale totale (approximative) 4 361 € 1 742 €
Gain annuel régime réel ≈ 2 619 €

Le régime réel génère une économie annuelle d'environ 2 619 euros. Sur trois ans d'irrévocabilité, le gain cumulé dépasse 7 800 euros, sans tenir compte de l'évolution des charges ni de la déductibilité partielle de la CSG.

3.3 Scénario 2 : propriétaire sans emprunt ni travaux significatifs

Situation : Mme L., 62 ans, perçoit 11 400 euros de loyers bruts annuels sur un bien acquis sans emprunt. Taxe foncière : 1 200 euros. Assurance : 280 euros. Frais de gestion locative : 570 euros. Aucun travaux prévu. Taux marginal d'imposition : 30 %.

Total charges réelles déductibles : 2 050 euros, soit 18 % des revenus bruts.

Critère Micro-foncier Régime réel
Revenus fonciers bruts 11 400 € 11 400 €
Déduction applicable Abattement forfaitaire 30 % : 3 420 € Charges réelles : 2 050 €
Revenu net imposable 7 980 € 9 350 €
IR (TMI 30 %) 2 394 € 2 805 €
Prélèvements sociaux (17,2 %) 1 373 € 1 608 €
Charge fiscale totale (approximative) 3 767 € 4 413 €
Surcoût annuel régime réel ≈ + 646 €

Ici, le micro-foncier est plus avantageux d'environ 646 euros par an. Basculer au régime réel sans vérification préalable représenterait un surcoût d'environ 1 938 euros sur les trois années d'irrévocabilité.

3.4 Le cas des contribuables à forte imposition

Pour les contribuables soumis au taux marginal de 41 % ou 45 %, l'effet de levier du régime réel est amplifié. Au barème 2026 applicable aux revenus 2025, la tranche à 41 % couvre la fraction du quotient familial comprise entre 84 578 euros et 181 917 euros ; la tranche à 45 % s'applique au-delà.

À 45 %, la charge fiscale sur les revenus fonciers nets atteint 62,2 % (45 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), avant déductibilité partielle de la CSG et avant prise en compte de la Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR, article 223 sexies du CGI) et de la contribution différentielle sur les hauts revenus, instaurée par la LFI 2025 et reconduite par la LFI 2026, qui garantit un taux minimal d'imposition de 20 % pour les foyers concernés. Chaque euro de revenu imposable supprimé produit donc un gain fiscal particulièrement significatif dans ces tranches.

4. Tableau comparatif synthétique : micro-foncier vs régime réel

Critère Micro-foncier Régime réel
Condition d'accès Revenus fonciers bruts ≤ 15 000 €/an Obligatoire au-delà de 15 000 €/an, optionnel en dessous
Mode de déduction Abattement forfaitaire de 30 % Charges réelles justifiées
Déduction des intérêts d'emprunt Incluse dans le forfait, non dissociable Déductible en totalité (art. 31 CGI)
Déduction des travaux Incluse dans le forfait Déductible (réparation, entretien, amélioration)
Déficit foncier Non applicable Imputable sur revenu global jusqu'à 10 700 €/an (hors intérêts)
Complexité déclarative Faible (case unique sur formulaire 2042) Élevée (déclaration 2044 avec justificatifs)
Durée d'engagement Sans engagement, révocable Irrévocable pendant 3 ans si revenus < 15 000 €/an
Compatibilité dispositif Jeanbrun Incompatible Compatible (régime réel obligatoire)
Avantage principal Simplicité, absence de justificatifs Optimisation maximale si charges > 30 % des loyers
Risque principal Sur-imposition si charges réelles élevées Engagement 3 ans ; reprise fiscale si cession < 3 ans après imputation déficit

5. La charge fiscale totale : IR, prélèvements sociaux et contributions additionnelles

Les revenus fonciers nets supportent deux niveaux de prélèvement distincts et cumulables.

Le premier est l'impôt sur le revenu, calculé au taux marginal selon le barème progressif fixé par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), applicable aux revenus 2025. Le barème comprend cinq tranches pour une part de quotient familial : 0 % jusqu'à 11 600 euros, 11 % de 11 601 euros à 29 579 euros, 30 % de 29 580 euros à 84 577 euros, 41 % de 84 578 euros à 181 917 euros, et 45 % au-delà. Ces seuils sont revalorisés de 0,9 % par rapport au barème précédent.

Le second est l'ensemble des prélèvements sociaux, au taux global de 17,2 %, composés de la CSG (9,2 %), de la CRDS (0,5 %) et du prélèvement de solidarité (7,5 %). Une fraction de la CSG, soit 6,8 %, est déductible du revenu imposable de l'année suivante, en vertu de l'article 154 quinquies du CGI, ce qui atténue légèrement la charge fiscale effective.

La charge fiscale totale sur les revenus fonciers varie de 28,2 % (tranche à 11 % + 17,2 % de PS) à 62,2 % pour un contribuable soumis au taux marginal de 45 %, avant déductibilité partielle de la CSG et avant prise en compte des contributions additionnelles pour les revenus les plus élevés.

6. Quand l'optimisation courante atteint ses limites

L'arbitrage entre micro-foncier et régime réel porte sur la base d'imposition annuelle. Il ne modifie pas la structure juridique de détention du bien. Or, pour les propriétaires dont le patrimoine locatif s'est constitué sur la durée, la fenêtre d'optimisation du régime déclaratif se rétrécit mécaniquement : les emprunts arrivent à terme, les travaux structurants ont été réalisés, et les charges déductibles diminuent. La base imposable augmente, année après année.

Un élément de contexte mérite d'être signalé pour les propriétaires qui envisagent de développer leur patrimoine locatif parallèlement à leur détention existante.

La loi de finances pour 2026 (article 47, loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a instauré un mécanisme inédit pour la location nue : le dispositif « Relance logement », couramment désigné dispositif Jeanbrun, du nom du ministre chargé du Logement. Pour la première fois depuis les années 1990, il introduit un amortissement fiscal applicable à des biens loués nus, avec une imputation possible sur le revenu global.

Le dispositif permet d'amortir 80 % du prix d'acquisition du bien (la valeur du terrain, représentant forfaitairement 20 %, étant non amortissable), dans la limite de plafonds annuels variant de 8 000 euros à 12 000 euros selon le niveau de loyer pratiqué (loyer intermédiaire, social ou très social) pour les logements neufs, et de 10 700 euros par an pour les logements anciens avec travaux. Le déficit foncier généré par ces amortissements est imputable sur le revenu global dans la même limite de 10 700 euros par an. Les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable lors de la cession, par modification de l'article 150 VB III du CGI.

Les conditions d'accès sont strictes : logement situé dans un immeuble collectif uniquement (les maisons individuelles sont exclues), loué nu à titre de résidence principale du locataire, avec un engagement de location de neuf ans minimum, des plafonds de loyers et de ressources des locataires à respecter, et une interdiction de louer à un proche. Le dispositif est incompatible avec le micro-foncier et avec les structures soumises à l'IS. Il s'applique aux acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.

Ce dispositif constitue une rupture structurelle pour les investisseurs entrant sur le marché locatif à compter de cette date. En revanche, il ne bénéficie pas au patrimoine existant : un bien déjà détenu en nom propre avant le 21 février 2026 ne peut pas rétroactivement intégrer ce mécanisme d'amortissement. Pour les propriétaires dont le patrimoine a été constitué avant cette date, l'optimisation du régime déclaratif reste le seul levier disponible dans le cadre de la détention actuelle.

C'est précisément dans cette phase que la question de la structure patrimoniale prend toute son importance. La détention d'un bien immobilier en nom propre génère des revenus fonciers soumis à l'IR et aux prélèvements sociaux, quelle que soit la méthode d'optimisation retenue. Aucun choix de régime fiscal ne modifie cette réalité fondamentale.

L'une des approches étudiées en gestion de patrimoine consiste à transférer le bien à une société à l'IS contrôlée par le propriétaire, en finançant cette cession par un emprunt bancaire remboursé sur les loyers futurs. Cette opération, désignée sous l'appellation OBO immobilier (Owner Buy-Out), permet de dégager des liquidités sur un actif qui ne génère que des revenus courants imposables, tout en repositionnant la base d'imposition à l'IS plutôt qu'à l'IR. Les liquidités ainsi libérées peuvent être investies dans des enveloppes financières adaptées à la situation patrimoniale du propriétaire : contrat d'assurance-vie luxembourgeois, effet de levier via prêt Lombard, diversification d'actifs. Ce type de structuration relève d'une analyse approfondie et individualisée.

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Résumé

  • Le micro-foncier s'applique de plein droit si les revenus fonciers bruts annuels n'excèdent pas 15 000 euros, avec un abattement forfaitaire de 30 %.
  • Le régime réel permet de déduire les charges réelles : intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, assurances, frais de gestion (art. 31 CGI).
  • Le point de bascule se situe lorsque les charges réelles dépassent 30 % des revenus bruts. En deçà, le micro-foncier reste plus avantageux.
  • Le déficit foncier est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an (hors fraction liée aux intérêts d'emprunt), portée à 21 400 euros pour les travaux de rénovation énergétique éligibles, jusqu'au 31 décembre 2027 (LFI 2026).
  • L'option pour le régime réel est irrévocable pendant trois ans lorsque les revenus sont inférieurs à 15 000 euros par an.
  • La LFI 2026 introduit le dispositif Jeanbrun, premier mécanisme d'amortissement applicable à la location nue depuis les années 1990. Il concerne exclusivement les acquisitions réalisées à compter du 21 février 2026 : le patrimoine existant n'en bénéficie pas.
  • La charge fiscale sur les revenus fonciers peut atteindre 62,2 % (IR 45 % + PS 17,2 %), avant contributions additionnelles et avant déductibilité partielle de la CSG.

FAQ

Oui. En dessous du seuil de 15 000 euros de revenus fonciers bruts annuels, le micro-foncier s'applique par défaut, mais le contribuable peut exercer une option pour le régime réel via la déclaration 2044. Cette option est irrévocable pendant trois ans : l'année d'exercice et les deux années suivantes (art. 32 CGI). Un calcul prévisionnel sur l'ensemble de cette période est indispensable avant de s'engager.
Oui. Dans le cadre du micro-foncier, l'abattement de 30 % est censé couvrir l'intégralité des charges, y compris les intérêts d'emprunt. Il n'est pas possible de les déduire séparément au micro-foncier. C'est précisément pour cette raison que les propriétaires remboursant un emprunt immobilier ont souvent intérêt à basculer au régime réel, où les intérêts sont déductibles en totalité (art. 31 CGI).
Le déficit foncier se forme lorsque les charges déductibles au régime réel excèdent les revenus fonciers bruts. La fraction non issue des intérêts d'emprunt est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an (art. 156, I, 3° CGI). Cette limite est portée à 21 400 euros pour certains travaux de rénovation énergétique éligibles, pour les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2027 (LFI 2026). La part attribuable aux intérêts, ainsi que l'excédent au-delà des plafonds, sont reportables sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
Si le bien est cédé dans les trois années suivant l'imputation d'un déficit foncier sur le revenu global, cette déduction est remise en cause : le montant antérieurement imputé est réintégré dans le revenu imposable de l'année de cession. Ce risque de reprise fiscale doit être anticipé dans tout projet de cession ou de restructuration patrimoniale impliquant le bien concerné.
Pour un contribuable dont le taux marginal d'imposition est de 30 % (tranche de 29 580 euros à 84 577 euros, barème 2026 sur revenus 2025), la charge fiscale globale sur les revenus fonciers nets s'élève à 47,2 % : 30 % au titre de l'IR et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux. Ce taux est atténué par la déductibilité partielle de la CSG (6,8 % récupérables l'année suivante, art. 154 quinquies CGI) et peut être majoré par des contributions additionnelles dans les tranches supérieures.
Non. Le dispositif Jeanbrun (art. 47, LFI 2026) ne concerne que les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Un bien déjà détenu avant cette date ne peut pas rétroactivement bénéficier du mécanisme d'amortissement. Pour les détenteurs de patrimoine existant, l'optimisation du régime déclaratif reste le levier disponible dans le cadre actuel, ce qui pose à terme la question d'une restructuration patrimoniale plus profonde.
Lorsque les charges déductibles se raréfient et que la pression fiscale locative devient structurelle, l'optimisation du régime déclaratif atteint ses limites. La restructuration patrimoniale constitue alors le levier suivant. L'OBO immobilier permet notamment de transférer le bien à une société à l'IS contrôlée par le propriétaire, de dégager des liquidités et de repositionner la détention dans un cadre fiscal plus efficient. Cette approche fait l'objet d'un guide dédié sur le site Avnear.

À retenir

  • Seuil micro-foncier : 15 000 euros de revenus fonciers bruts par an ; abattement forfaitaire de 30 %.
  • Point de bascule au régime réel : charges réelles supérieures à 30 % des revenus bruts.
  • Déficit foncier : imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 euros par an (hors intérêts d'emprunt), porté à 21 400 euros pour les travaux de rénovation énergétique éligibles jusqu'au 31 décembre 2027 (LFI 2026).
  • Irrévocabilité : 3 ans lorsque les revenus sont inférieurs à 15 000 euros par an.
  • Barème IR 2026 sur revenus 2025 : cinq tranches, de 0 % à 45 %, revalorisées de 0,9 % (loi n° 2026-103 du 19 février 2026).
  • Dispositif Jeanbrun : premier mécanisme d'amortissement applicable à la location nue depuis les années 1990, réservé aux acquisitions entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Le patrimoine existant n'en bénéficie pas.
  • Risque de reprise : tout déficit imputé sur le revenu global est remis en cause si le bien est cédé dans les 3 années suivantes.

Conclusion

L'arbitrage entre micro-foncier et régime réel n'est pas une question de préférence mais de calcul. Le bon régime est celui qui minimise la charge fiscale globale sur la durée d'engagement, compte tenu des charges réelles, de la structure du patrimoine et du taux marginal d'imposition du contribuable.

La méthode est simple : si vos charges effectives dépassent 30 % de vos loyers bruts, le régime réel est probablement plus avantageux. Si elles sont en dessous, le micro-foncier reste la solution la plus efficiente. L'irrévocabilité de l'option sur trois ans impose de modéliser la situation sur l'ensemble de la période avant toute décision.

La LFI 2026 redessine partiellement le paysage avec le dispositif Jeanbrun, qui introduit pour la première fois de l'amortissement en location nue. Ce mécanisme ne concerne toutefois que les nouvelles acquisitions à compter du 21 février 2026 : pour les propriétaires dont le patrimoine locatif est déjà constitué, il ne change rien à l'équation fiscale actuelle. L'optimisation déclarative atteint ses limites avec le temps. La question de la structure de détention, et notamment de l'OBO immobilier, mérite alors d'être posée dans le cadre d'une réflexion patrimoniale globale.

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Sources et références réglementaires

  1. Code général des impôts, article 32 : régime micro-foncier et option pour le régime réel. Legifrance. Vérification : 02/2026. https://www.legifrance.gouv.fr
  1. Code général des impôts, article 31 : charges déductibles des revenus fonciers au régime réel. Legifrance. Vérification : 02/2026.
  1. Code général des impôts, article 156, I, 3° : imputation du déficit foncier sur le revenu global et report sur revenus fonciers. Legifrance. Vérification : 02/2026.
  1. Code général des impôts, article 154 quinquies : déductibilité partielle de la CSG sur les revenus du patrimoine (6,8 % sur les 9,2 %). Legifrance. Vérification : 02/2026.
  1. Code général des impôts, article 223 sexies : Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR). Legifrance. Vérification : 02/2026.
  1. Code général des impôts, article 150 VB III : réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value immobilière (modification introduite par la LFI 2026 pour le dispositif Jeanbrun). Legifrance. Vérification : 02/2026.
  1. Loi de finances rectificative pour 2022, article 12 : instauration du rehaussement temporaire du plafond de déficit foncier à 21 400 euros pour les travaux de rénovation énergétique (dépenses payées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025). Journal officiel du 17 août 2022.
  1. Loi de finances pour 2026, loi n° 2026-103 du 19 février 2026, JORF n° 0043 du 20 février 2026 : (a) article 4 — barème progressif de l'IR applicable aux revenus 2025, revalorisation + 0,9 % ; (b) prorogation du plafond de déficit foncier à 21 400 euros pour les travaux de rénovation énergétique éligibles payés entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2027 ; (c) article 47 — instauration du dispositif Jeanbrun (amortissement fiscal de la location nue en immeuble collectif, logements acquis entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028). https://www.legifrance.gouv.fr
  1. Barème IR 2026 sur les revenus 2025 : tranches confirmées (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %) et seuils exacts. Service-public.fr, mise à jour 02/2026. https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A18045
  1. Ministère chargé du Logement, plan « Relance logement », présentation du 23 janvier 2026. https://www.ecologie.gouv.fr/actualites/relance-logement-nouveau-dispositif-faciliter-lachat-location-logements
  1. Formulaire 2044 : déclaration des revenus fonciers au régime réel. Direction générale des finances publiques (DGFIP). Millésime 2026 (revenus 2025).

Les informations contenues dans ce guide sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas un conseil juridique, fiscal ou financier individualisé. Malgré le soin apporté à leur exactitude et leur actualisation, Avnear ne saurait être tenu responsable des décisions prises sur la base de ce document. Toute opération patrimoniale doit faire l'objet d'une analyse personnalisée prenant en compte la situation spécifique du lecteur, sa résidence fiscale, ses objectifs et ses contraintes. Il est fortement recommandé de consulter un professionnel agréé (conseiller en gestion de patrimoine, avocat fiscaliste, notaire) avant toute souscription ou structuration patrimoniale.

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