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Chirurgien-dentiste libéral : pourquoi votre SELARL rentable ne construit pas votre patrimoine privé

Un chirurgien-dentiste libéral en SELARL avec un résultat annuel de 250 000 à 400 000 euros affiche une société rentable mais un patrimoine privé structurellement sous-construit. La cause n'est ni le revenu, ni la fiscalité globale. Elle tient à la captation systématique de la trésorerie SELARL par les cycles d'investissement matériel (200 000 à 500 000 euros tous les 7 à 10 ans) et à l'absence d'arbitrage formel entre réinvestissement professionnel et capitalisation privée. Trois cycles structurent une carrière. Chacun rejoue le même arbitrage non résolu.

Trois constats récurrents marquent les dossiers de chirurgiens-dentistes traités par Avnear. Premier constat : la SELARL est rentable. Le résultat avant rémunération du gérant s'établit entre 280 000 et 450 000 euros pour les profils établis, parfois davantage pour les cabinets à orientation implantologie ou chirurgie pré-prothétique. Deuxième constat : le patrimoine privé est sous-construit. À 45 ans, un dentiste libéral installé depuis quinze ans affiche en moyenne 350 000 à 600 000 euros de patrimoine privé hors résidence principale, là où sa capacité théorique se situe entre 800 000 et 1,2 million d'euros. Troisième constat : ni le praticien ni son expert-comptable n'arrivent à identifier la fuite. La trésorerie SELARL est partiellement absorbée par les renouvellements de plateau technique, partiellement distribuée en dividendes consommés au fil de l'eau, partiellement laissée en compte courant d'associé sans stratégie d'allocation.

L'erreur de cadrage est de chercher la cause dans la fiscalité globale ou dans l'arbitrage rémunération de gérance contre dividendes. Ce n'est pas là que la fuite se produit. Elle se produit dans l'absence de coordination entre le calendrier d'investissement matériel et le calendrier de capitalisation patrimoniale. Le chirurgien-dentiste est l'un des rares profils libéraux qui combine un exercice de services (régime BNC, prestations facturées à l'acte ou au forfait CCAM) et un investissement matériel récurrent et conséquent (200 000 à 500 000 euros par cycle de renouvellement). Cette dualité crée une mécanique propre que les outils patrimoniaux standard ne prennent pas en compte.

Cet article s'adresse aux chirurgiens-dentistes libéraux titulaires d'un cabinet, en exercice via SELARL, SELAS, ou SCM de moyens avec exercice individuel à côté. Le profil cible regroupe les revenus de gérance entre 100 000 et 300 000 euros annuels, un résultat de SELARL avant rémunération entre 200 000 et 500 000 euros, un âge 28 à 60 ans, à toutes les phases de carrière. Sont également concernés les associés de cabinet de groupe (SCM avec plusieurs SELARL associées) et les chirurgiens-dentistes ayant une activité spécialisée (orthodontie, parodontologie, implantologie, chirurgie maxillo-faciale libérale). La pratique en cabinet hospitalo-universitaire ou en activité 100 % salariée relève d'une logique différente.

L'environnement réglementaire 2026 renforce trois leviers spécifiquement applicables au profil. Le pacte Dutreil (article 787 B CGI) sous sa version durcie par la LFI 2026 (engagement individuel porté à 6 ans, durée totale 8 ans) reste pertinent pour la transmission de parts de SELARL ou SPFPL. La SPFPL chirurgien-dentiste, dont le cadre a été refondu par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 relative à l'exercice en société des professions libérales réglementées (entrée en vigueur principale au 1er septembre 2024, mise en conformité des statuts au plus tard au 1er septembre 2025), demeure un outil structurant sous-utilisé. La fiscalité forfaitaire globale de 31,4 % sur les dividendes (12,8 % de PFU + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026) change l'arbitrage rémunération de gérance contre dividendes pour les hauts résultats.

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1. Pourquoi le chirurgien-dentiste libéral est patrimonialement à part

1.1 La dualité services et matériel propre au profil

Le chirurgien-dentiste libéral est l'un des rares professionnels santé à combiner une activité de services à haute valeur ajoutée (prestations cliniques facturées en BNC) et un investissement matériel récurrent et conséquent. Le médecin libéral généraliste ou spécialiste en cabinet de ville pratique avec un équipement léger (stéthoscope, otoscope, table d'examen, électrocardiographe pour le cardiologue), renouvelé sur une longévité de 15 à 25 ans. Le pharmacien titulaire engage un investissement initial massif à l'acquisition du fonds (souvent 80 à 110 % du chiffre d'affaires annuel) puis gère un cycle de stock et un linéaire de pharmacie sans renouvellement matériel structurant. Le chirurgien-dentiste, lui, opère sur du matériel à amortissement court : un fauteuil dentaire moderne s'amortit sur 5 à 7 ans, une unité de stérilisation sur 7 ans, un scanner cone-beam (CBCT) sur 5 à 7 ans, un appareil de CFAO (conception et fabrication assistées par ordinateur) sur 5 à 8 ans, un laser de chirurgie sur 5 à 7 ans.

L'effet est mécanique. Tous les 7 à 10 ans en moyenne, le cabinet doit renouveler tout ou partie de son plateau technique. L'investissement par cycle s'établit entre 200 000 et 500 000 euros pour un cabinet standard, et peut dépasser 700 000 euros pour un cabinet à orientation implantologie ou chirurgie pré-prothétique équipé en imagerie 3D, microscopes opératoires, lasers et CFAO. Cette mécanique capte la trésorerie de la SELARL au moment précis où elle aurait pu être déployée en capitalisation patrimoniale privée.

1.2 La trésorerie SELARL comme zone grise

Dans la plupart des SELARL de chirurgiens-dentistes, la trésorerie disponible après paiement des charges et de la rémunération de gérance présente trois affectations possibles : distribution en dividendes au praticien personne physique (avec frottement fiscal forfaitaire global 31,4 %), conservation en compte courant d'associé ou compte de société pour financer un futur cycle d'investissement matériel, ou capitalisation au sein de la société via souscription d'un contrat de capitalisation personne morale ou réinvestissement dans des supports financiers détenus par la SELARL.

Dans la pratique observée, c'est presque toujours la deuxième option qui s'impose par défaut. La trésorerie reste en compte courant en attente d'un futur renouvellement matériel, à un rendement net annuel de l'ordre de 1 à 2 % après frais bancaires, alors qu'une capitalisation en contrat de capitalisation personne morale ou en distribution puis investissement personnel structuré générerait un rendement attendu de 4 à 6 % nets sur le même horizon. Le coût d'opportunité annuel sur une trésorerie SELARL de 250 000 euros est de l'ordre de 7 500 à 12 500 euros, soit 75 000 à 125 000 euros capitalisés sur dix ans.

1.3 L'absence d'arbitrage formel entre matériel et patrimoine

Le chirurgien-dentiste raisonne en flux : "il faut que je renouvelle l'unité de soins en 2027", "il faut que je passe en CFAO en 2029". Il ne raisonne pas en stock patrimonial : "quel patrimoine privé veux-je avoir constitué à 55 ans en parallèle de mon activité ?". L'absence de cet horizon stock conduit à arbitrer systématiquement en faveur du flux professionnel court terme contre le stock patrimonial long terme. La conséquence est observable sur la totalité des dossiers : carrière rentable, retraite sous-capitalisée hors revente du cabinet.

2. Les trois cycles d'investissement matériel et leur arbitrage patrimonial

L'angle propre à ce profil consiste à organiser la lecture de la carrière non pas en phases linéaires mais en cycles d'investissement matériel récurrents. Chaque cycle rejoue l'arbitrage matériel contre patrimoine. La capacité du praticien à structurer son patrimoine dépend directement de la qualité de cet arbitrage à chaque cycle.

2.1 Cycle 1, Installation initiale ou rachat de cabinet (28 à 38 ans)

Le premier cycle correspond à l'acquisition du droit d'exercice : soit installation en cabinet vide avec achat de la totalité du plateau technique neuf, soit rachat d'un cabinet existant avec valorisation de la patientèle, du matériel existant et du bail commercial. Dans les deux configurations, l'investissement initial s'établit entre 200 000 et 350 000 euros pour une installation classique, et peut atteindre 500 000 à 800 000 euros pour un rachat de cabinet à forte patientèle implanto-prothétique.

Le financement est presque toujours bancaire (emprunt professionnel sur 7 à 10 ans, garanti par le matériel et la patientèle, parfois adossé à une caution personnelle). La capacité d'épargne disponible pendant ce cycle est faible : la quasi-totalité du résultat est absorbée par le remboursement du capital de l'emprunt, le train de vie du praticien (souvent en début de carrière familiale), et la constitution d'une épargne de précaution. À ce stade, la stratégie patrimoniale optimale n'est pas d'accumuler du patrimoine privé, mais d'ouvrir un contrat d'assurance-vie luxembourgeois de prise de date (versement initial de 25 000 à 50 000 euros) pour construire l'antériorité fiscale de huit ans qui sera précieuse aux cycles suivants.

L'erreur fréquente du cycle 1 est de ne rien faire en matière patrimoniale, sous prétexte que "le cabinet absorbe tout". L'ouverture d'un contrat de prise de date à 30 ans, même avec un versement modeste, vaut bien plus que l'ouverture du même contrat à 40 ans avec un versement supérieur. L'antériorité fiscale est le seul actif patrimonial qui se construit gratuitement, et qui se perd définitivement quand on attend.

2.2 Cycle 2, Renouvellement à mi-carrière (38 à 48 ans)

Le deuxième cycle intervient entre 38 et 48 ans selon le rythme de modernisation. L'emprunt initial est soldé ou en fin de remboursement. Le praticien dispose pour la première fois d'une capacité d'épargne nette significative. Et c'est précisément à ce moment que se profile le renouvellement majeur du plateau technique : passage à la CFAO chairside, équipement en CBCT, modernisation des fauteuils et de l'éclairage opératoire, mise à jour des unités de stérilisation aux normes en vigueur. L'investissement nécessaire s'établit entre 250 000 et 450 000 euros.

L'arbitrage du cycle 2 est central. Si le praticien finance ce renouvellement en autofinancement intégral sur la trésorerie SELARL accumulée, il prolonge mécaniquement la sous-capitalisation patrimoniale privée. S'il finance par un nouvel emprunt professionnel (taux 2026 de l'ordre de 3,5 à 4,5 % sur 5 à 7 ans) tout en redistribuant la trésorerie disponible en dividendes capitalisés dans un contrat d'assurance-vie luxembourgeois, il rééquilibre les flux. L'écart de richesse nette à horizon 10 ans entre les deux stratégies se chiffre généralement entre 250 000 et 450 000 euros, en faveur de la seconde approche, à condition que le rendement net de l'allocation d'assurance-vie dépasse le coût net du crédit professionnel (cas dominant en 2026 sur une allocation diversifiée).

L'erreur fréquente du cycle 2 est l'autofinancement réflexe ("je préfère éviter l'emprunt, j'ai la trésorerie") sans calcul comparatif. Ce réflexe a coûté à toute une génération de praticiens 200 000 à 500 000 euros de patrimoine privé non constitué.

2.3 Cycle 3, Second renouvellement ou extension (48 à 58 ans)

Le troisième cycle intervient entre 48 et 58 ans. Il peut prendre deux formes. La forme défensive consiste à renouveler à l'identique le plateau technique pour maintenir le cabinet à niveau jusqu'à la cession. La forme offensive consiste à étendre le scope d'activité (passage à l'implantologie, intégration d'un cabinet d'orthodontie, association avec un confrère pour mutualiser un plateau lourd). L'investissement varie de 200 000 à 700 000 euros selon le choix.

Le cycle 3 conditionne directement la valeur de cession du cabinet à horizon 5 à 10 ans. Un cabinet équipé à neuf en année N-5 avant la cession se cède significativement mieux qu'un cabinet à matériel amorti. Mais le cycle 3 conditionne aussi la dernière fenêtre de capitalisation patrimoniale active : au-delà de 58 ans, la capacité d'épargne nette diminue et l'horizon de capitalisation se réduit. L'arbitrage matériel contre patrimoine se fait pour la dernière fois avec un effet de levier significatif.

À ce stade, deux leviers structurels deviennent activables. Le pacte Dutreil sur les parts de SELARL ou SPFPL en anticipation de transmission aux enfants. La SPFPL chirurgien-dentiste en holding personnelle pour capitaliser le résultat distribué de la SELARL à fiscalité réduite (régime mère-fille à 1,25 % effectifs sur les dividendes remontés).

3. La SPFPL chirurgien-dentiste : l'outil structurant sous-utilisé

La société de participations financières de profession libérale (SPFPL) de chirurgien-dentiste s'inscrit dans le cadre général des SEL et SPFPL refondu par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 relative à l'exercice en société des professions libérales réglementées. Cette ordonnance, entrée en vigueur principale au 1er septembre 2024, a remplacé les textes antérieurs (loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990, loi n° 66-879 du 29 novembre 1966). Le décret n° 2025-1216 du 11 décembre 2025 a finalisé le cadre réglementaire en matière de santé en mettant à jour la partie réglementaire du Code de la santé publique. Les statuts des SEL et SPFPL existantes devaient être mis en conformité au plus tard au 1er septembre 2025. Malgré une existence légale ancienne, le taux d'adoption de la SPFPL chirurgien-dentiste reste inférieur à celui de la SPFPL pharmacien ou de la SPFPL d'avocat.

3.1 Le mécanisme et les conditions

La SPFPL chirurgien-dentiste détient les parts de la ou des SELARL d'exercice. Le praticien rémunère son activité au sein de la SELARL et perçoit la quasi-totalité de son résultat net non distribué en remontée de dividendes vers la SPFPL. Les dividendes remontés bénéficient du régime mère-fille (articles 145 et 216 CGI) sous réserve d'une détention d'au moins 5 % du capital et d'une durée de détention de deux ans : exonération à hauteur de 95 %, quote-part de frais et charges de 5 % imposable à l'IS de droit commun (25 %). La charge fiscale effective sur la remontée des dividendes s'élève à 1,25 %, contre 31,4 % de fiscalité forfaitaire globale en distribution directe au praticien personne physique.

Sur un résultat distribuable annuel de 200 000 euros, le différentiel fiscal annuel s'établit à 60 300 euros (200 000 × 31,4 % moins 200 000 × 1,25 %), soit 603 000 euros capitalisés sur dix ans en valeur nominale. Pour un praticien qui n'a pas besoin de consommer la totalité de son résultat distribuable et qui souhaite capitaliser une partie significative pour préparer la transmission ou la retraite, la SPFPL devient l'enveloppe pivot.

3.2 Les conditions de détention post-ordonnance 2023-77

Le capital de la SPFPL chirurgien-dentiste est détenu majoritairement par des chirurgiens-dentistes inscrits à l'ordre, exerçant au sein de l'une des sociétés cibles (jurisprudence du Conseil d'État, ordonnance de référé du 24 décembre 2024 sur l'interprétation de l'article 121 de l'ordonnance 2023-77). À la différence d'autres professions de santé qui peuvent ouvrir leur capital à hauteur de 25 % à des tiers non professionnels (médecins, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens), la profession de chirurgien-dentiste a maintenu un capital totalement fermé aux tiers non professionnels à la date d'application de l'ordonnance. Cette particularité, en cours d'évolution réglementaire, doit être vérifiée à la date de chaque projet de structuration.

La SPFPL peut détenir les parts d'une ou plusieurs SELARL d'exercice de la profession (articles 117 à 124 de l'ordonnance 2023-77). Pour détenir des participations dans plusieurs sociétés cibles, les dirigeants de la SPFPL doivent exercer leur profession au sein de l'une de ces sociétés (pas nécessairement dans chacune, selon l'interprétation du Conseil d'État précitée). L'objet social de la SPFPL est strictement limité à la détention de parts ou actions de SEL d'exercice.

3.3 Les usages structurants

Trois usages structurent l'intérêt de la SPFPL chirurgien-dentiste. Le premier est la capitalisation des dividendes remontés au sein de la SPFPL, qui peut souscrire un contrat de capitalisation personne morale (en France ou au Luxembourg), des supports obligataires ou actions cotées, ou prendre des participations dans d'autres SELARL de chirurgiens-dentistes (en cas de stratégie de cabinet de groupe ou de croissance externe). Le deuxième est l'acquisition d'une seconde SELARL via la SPFPL avec effet de levier bancaire. Le troisième est la préparation de la transmission par donation progressive de parts de SPFPL aux enfants sous régime Dutreil (article 787 B CGI), avec exonération de 75 % de la valeur des parts transmises sous conditions cumulatives (engagement collectif de 2 ans, engagement individuel de 6 ans, durée totale 8 ans depuis la réforme LFI 2026, fonction de direction continue).

Les charges financières liées à un emprunt SPFPL pour l'acquisition d'une SELARL sont déductibles du résultat IS de la SPFPL, sous réserve des règles de sous-capitalisation (article 212 bis CGI) pour les prêts intragroupe. Pour les principes généraux d'utilisation d'une holding personnelle, voir notre analyse des cinq raisons de créer une holding. La taxe holding article 235 ter C CGI instaurée par la LFI 2026 ne concerne pas une SPFPL dont l'activité reste la détention de participations dans des SELARL opérationnelles (la condition de revenus passifs majoritaires n'est pas remplie dans cette configuration).

4. Les cinq erreurs patrimoniales observées sur le profil chirurgien-dentiste

L'expérience des dossiers Avnear sur ce profil fait émerger une typologie de cinq erreurs récurrentes.

Première erreur : autofinancer systématiquement le renouvellement du plateau technique sur la trésorerie SELARL accumulée, sans comparaison avec le coût net d'un emprunt professionnel. Cette erreur coûte typiquement 200 000 à 500 000 euros de patrimoine privé non constitué sur un cycle de 10 ans.

Deuxième erreur : ne pas ouvrir de contrat d'assurance-vie luxembourgeois de prise de date entre 28 et 35 ans. L'antériorité fiscale de huit ans est perdue, et la fenêtre d'optimisation patrimoniale du cycle 2 est compromise.

Troisième erreur : ne pas étudier la SPFPL chirurgien-dentiste après 40 ans, alors que le résultat distribuable annuel dépasse les besoins de train de vie. Le coût d'opportunité fiscal annuel atteint 40 000 à 80 000 euros sur les profils à résultat distribuable supérieur à 150 000 euros.

Quatrième erreur : arbitrer rémunération de gérance contre dividendes sans prendre en compte la dégressivité des cotisations sociales TNS. Le taux moyen de cotisations TNS est de l'ordre de 40 à 45 % sur le premier PASS (48 060 euros en 2026), puis converge vers 24 à 28 % au-delà de 4 à 5 PASS du fait du plafonnement des cotisations vieillesse et maladie. L'arbitrage rémunération/dividendes change donc selon le niveau de résultat distribuable. Un raisonnement à taux forfaitaire unique conduit à des conclusions erronées.

Cinquième erreur : préparer la cession du cabinet sans anticipation de la fiscalité de plus-value professionnelle. La cession de patientèle et la cession du fonds libéral (matériel + bail + droit de présentation) sont soumises à des régimes fiscaux distincts (plus-value professionnelle à long terme, abattement pour départ en retraite article 151 septies A CGI sous conditions, ou article 238 quindecies CGI pour les cessions de fonds inférieures à certains seuils). La structuration via SPFPL permet d'optimiser cette cession via le régime des plus-values sur titres de participation au niveau de la SPFPL : la plus-value est exonérée à 88 % sous réserve d'une quote-part de frais et charges de 12 % imposée à l'IS de droit commun (25 %), soit une charge effective de 3 % de la plus-value de cession.

5. Le coût d'inaction par cycle

Le coût d'inaction se mesure cycle par cycle. Chiffrages indicatifs sur hypothèses moyennes Avnear, ne se substituant pas à un audit personnalisé.

Cycle Tranche d'âge Levier patrimonial principal manqué Coût d'inaction moyen Effet cumulé à 60 ans
Cycle 1 — Installation 28 à 38 ans Prise de date AV luxembourgeoise non engagée Perte d'antériorité fiscale de 8 à 12 ans 150 000 à 280 000 € de gains nets non capitalisés
Cycle 2 — Renouvellement mi-carrière 38 à 48 ans Autofinancement matériel vs emprunt + capitalisation 200 000 à 350 000 € de patrimoine privé non constitué 250 000 à 450 000 € en valeur capitalisée
Cycle 3 — Second renouvellement / extension 48 à 58 ans SPFPL chirurgien-dentiste non activée 40 000 à 80 000 € de frottement fiscal annuel 400 000 à 800 000 € de différentiel fiscal sur 10 ans
Cumul des trois cycles Carrière complète Absence de coordination cycles matériel / patrimoine Variable 800 000 € à 1,5 M€ de patrimoine privé non constitué

Ces chiffrages reposent sur des hypothèses moyennes Avnear (rendement net allocation patrimoniale 5 % par an, coût net emprunt professionnel 3,5 à 4 %, résultat SELARL distribuable annuel moyen 200 000 à 350 000 euros). Ils ne tiennent pas compte des spécificités fiscales individuelles, du régime matrimonial, ni du calendrier réel de renouvellement du plateau technique. Un audit personnalisé permet de chiffrer le coût d'inaction propre à votre situation.

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6. La structuration patrimoniale recommandée par Avnear

L'architecture patrimoniale optimale pour un chirurgien-dentiste libéral s'organise autour de quatre briques cohérentes, déployées progressivement au fil des cycles.

6.1 Le contrat d'assurance-vie luxembourgeois comme socle de capitalisation privée

Pour ce profil à revenu élevé et à risque professionnel structurant (responsabilité civile professionnelle, risque ordinal, risque économique en cas d'incapacité d'exercice), l'assurance-vie luxembourgeoise est l'enveloppe centrale pour la capitalisation privée. Triangle de sécurité, super-privilège du souscripteur, allocation personnalisée via FID (fonds interne dédié) ou FAS (fonds d'assurance spécialisé) selon la compagnie luxembourgeoise retenue, portabilité internationale en cas d'expatriation post-carrière.

Pour une présentation complète, voir notre guide de l'assurance-vie luxembourgeoise. Le contrat est calibré dès 250 000 à 500 000 euros de versement initial selon la compagnie, avec architecture FID sous mandat pour les patrimoines à partir de la gestion de fortune.

6.2 La SPFPL chirurgien-dentiste comme holding personnelle

À partir du cycle 2 (38-48 ans) et plus systématiquement au cycle 3 (48-58 ans), la SPFPL chirurgien-dentiste devient l'enveloppe pivot pour capitaliser les dividendes remontés de la SELARL d'exercice. Le différentiel fiscal entre distribution directe (31,4 %) et remontée mère-fille (1,25 %) est trop important pour être ignoré sur les résultats distribuables supérieurs à 150 000 euros.

L'apport des parts de SELARL à la SPFPL, lorsqu'il est envisagé en amont d'une cession future, peut être placé en report d'imposition au titre de l'article 150-0 B ter CGI. Cette structuration suppose le respect des conditions LFI 2026 en cas de cession des titres apportés dans les trois ans suivant l'apport (quota de remploi porté à 70 %, délai de réinvestissement étendu à 36 mois, durée minimale de conservation des biens remployés portée à 5 ans pour les investissements directs). Pour une analyse complète, voir notre guide dédié à l'apport-cession 150-0 B ter.

6.3 Le pilotage du calendrier d'investissement matériel

L'angle propre à ce profil. À chaque cycle de renouvellement matériel, l'arbitrage entre autofinancement sur trésorerie SELARL et emprunt professionnel + redistribution capitalisée doit être instruit formellement. La méthodologie Avnear consiste à comparer trois scénarios chiffrés sur l'horizon du cycle (typiquement 7 à 10 ans) : autofinancement intégral, emprunt classique avec garantie sur le matériel, et structuration en crédit-bail mobilier ou location financière selon la nature du matériel. Le scénario optimal dépend du coût net de l'emprunt à l'instant t, du rendement attendu de l'allocation patrimoniale, et de la nature du matériel (un CBCT à durée d'usage technique de 10 ans n'a pas la même structure de financement qu'un système de CFAO à obsolescence logicielle rapide).

6.4 La stratégie de transmission anticipée

À partir du cycle 3, la transmission de la SELARL ou de la SPFPL chirurgien-dentiste aux enfants doit être engagée. Le pacte Dutreil sur les parts de SELARL ou SPFPL permet une exonération de 75 % de la valeur transmise sous conditions cumulatives : engagement collectif de conservation de 2 ans, engagement individuel de 6 ans depuis la réforme LFI 2026 (durée totale 8 ans), fonction de direction continue. Les donations en nue-propriété avec réserve d'usufruit au profit du chirurgien-dentiste en exercice permettent de transmettre progressivement la valeur tout en conservant le contrôle et les revenus jusqu'à la cession effective.

7. Scénario illustratif : chirurgien-dentiste libéral, 44 ans, cabinet à orientation implantologie

Ce scénario est strictement hypothétique. Il illustre des mécanismes généraux et ne constitue pas un conseil personnalisé ni une projection de performance.

Profil retenu : chirurgien-dentiste libéral, 44 ans, exerçant en SELARL depuis 12 ans dans une ville moyenne, cabinet à orientation omnipraticienne avec spécialisation implantologie (40 % du chiffre d'affaires), chiffre d'affaires annuel SELARL de 750 000 euros, résultat avant rémunération du gérant de 380 000 euros, rémunération de gérance fixée à 110 000 euros bruts annuels (cotisations TNS dégressives, environ 38 % de taux moyen pondéré sur l'ensemble de la rémunération), résultat distribuable annuel après rémunération et IS de SELARL environ 195 000 euros, conjointe assistante dentaire salariée du cabinet, deux enfants en âge scolaire, patrimoine privé hors résidence principale estimé à 420 000 euros (contrat d'assurance-vie français à 280 000 euros et 5 ans d'antériorité, compte-titres 110 000 euros, PER personnel 30 000 euros), trésorerie SELARL accumulée à 220 000 euros en compte courant en attente d'un futur renouvellement de plateau technique prévu à 47 ans.

Diagnostic. Le praticien est en début de cycle 2 et le renouvellement majeur du plateau technique est prévu à 47 ans (modernisation des fauteuils, intégration CFAO chairside, mise à jour CBCT, coût estimé 320 000 euros). Sa SELARL est rentable, sa rémunération est suffisante pour le train de vie familial, mais son patrimoine privé est sous-construit par rapport à sa capacité théorique. La trésorerie SELARL à 220 000 euros est laissée en compte courant à 1,5 % de rendement net. Aucune SPFPL n'est en place malgré un résultat distribuable annuel de 195 000 euros. Le contrat d'assurance-vie est français, pas luxembourgeois, et l'antériorité fiscale de 5 ans est inférieure au seuil des 8 ans qui ouvrirait l'abattement annuel optimal.

Restructuration envisageable. Première étape : ouverture d'un contrat d'assurance-vie luxembourgeois avec versement initial de 150 000 euros prélevés sur le compte-titres et une partie de l'AV française rachetée partiellement (la fiscalité de rachat partiel d'une AV française à 5 ans d'antériorité est limitée si le rachat reste sous le seuil d'abattement et concerne majoritairement le capital). Architecture FID sous mandat avec allocation diversifiée 55 % actions internationales, 30 % obligations investment grade, 10 % private assets, 5 % cash. Déploiement progressif sur 12 mois via Gradual Security®. Deuxième étape : création d'une SPFPL chirurgien-dentiste détenant 100 % des parts de la SELARL d'exercice, par apport des parts de SELARL à la SPFPL sous régime article 150-0 B ter CGI (report d'imposition de la plus-value d'apport). La création est calibrée 18 mois avant le renouvellement du plateau technique pour permettre à la SPFPL de capitaliser les remontées de dividendes mère-fille avant de financer le matériel via emprunt professionnel souscrit par la SELARL. Troisième étape : financement du renouvellement à 47 ans par emprunt professionnel sur 7 ans (taux estimé 3,8 % en 2027), conservant la trésorerie SELARL et la trésorerie SPFPL pour capitalisation. Quatrième étape : engagement des donations Dutreil de parts de SPFPL aux enfants à partir de 52 ans en nue-propriété, par tranches de 100 000 euros par enfant et par parent tous les 15 ans.

Trajectoire projetée. À horizon 60 ans (cession envisagée à 60-62 ans), le patrimoine privé hors résidence principale et hors SELARL passe de 420 000 euros à environ 1,3 à 1,7 million d'euros, en plus de la valeur de cession du cabinet et de la valeur de la SPFPL. La transmission anticipée aux enfants réduit l'assiette taxable au décès de l'ordre de 300 000 à 500 000 euros sur le foyer.

Cette structuration peut être engagée à partir d'un échange initial avec un conseiller Avnear, en coordination avec votre expert-comptable existant (qui conserve la tenue comptable de la SELARL et de la SPFPL) et votre notaire pour la dimension familiale.

8. Spécificités par configuration d'exercice

8.1 Chirurgien-dentiste en SELARL individuelle

Configuration la plus fréquente. La SELARL d'exercice détient le matériel, le bail commercial, la patientèle, et emploie les assistantes dentaires. Le praticien est gérant majoritaire (TNS) et associé unique ou très majoritaire. L'arbitrage rémunération de gérance contre dividendes est central. La création d'une SPFPL chirurgien-dentiste personnelle au-dessus de la SELARL devient pertinente à partir d'un résultat distribuable annuel supérieur à 120 000 euros, pertinence renforcée au-delà de 200 000 euros.

8.2 Chirurgien-dentiste en cabinet de groupe (SCM + SELARL)

Configuration croissante. Plusieurs chirurgiens-dentistes exercent leur activité libérale via leur SELARL personnelle, et partagent les moyens (locaux, matériel mutualisé, secrétariat, assistantes) via une SCM (société civile de moyens). La SCM facture les charges au prorata d'utilisation aux SELARL associées, qui les déduisent en charges professionnelles. La structuration patrimoniale est strictement personnelle à chaque associé : SPFPL chirurgien-dentiste détenant les parts de la SELARL personnelle, sans incidence sur la SCM. Le cycle d'investissement matériel mutualisé crée une mécanique différente de l'investissement individuel : les arbitrages doivent être coordonnés entre associés.

8.3 Chirurgien-dentiste avec activité de spécialiste (orthodontie, parodontologie, implantologie)

Le cycle d'investissement matériel est plus lourd et plus rapide (matériel d'imagerie 3D, microscopes opératoires, lasers de haute puissance, équipements de chirurgie pré-prothétique). L'investissement par cycle peut dépasser 500 000 euros et le renouvellement intervient à un rythme plus rapide, estimé à 5-7 ans selon l'équipement, plutôt que 7-10 ans. La pertinence de la SPFPL et de l'emprunt professionnel structuré est renforcée. La trésorerie SELARL ne peut structurellement pas absorber le plateau technique en autofinancement intégral sans assécher la capacité de capitalisation patrimoniale.

8.4 Chirurgien-dentiste hospitalo-universitaire avec activité libérale en secteur privé

Configuration mixte. Salaire hospitalier au régime général, activité libérale en secteur 2 ou en secteur libre selon le statut. La structuration patrimoniale s'organise autour de la part libérale qui suit la logique SELARL ou exercice individuel, le salaire hospitalier ouvrant droit aux dispositifs salariés (PER catégoriel article 83, PEE éventuel).

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9. Les risques propres au profil

Le risque professionnel structurel est central. La pratique dentaire engage la responsabilité civile professionnelle sur des actes à fort enjeu (chirurgie pré-prothétique, implantologie, orthodontie). Un sinistre majeur peut engager la SELARL au-delà de la couverture RCP et atteindre le patrimoine personnel du praticien si la structuration patrimoniale n'a pas été préparée. La SPFPL chirurgien-dentiste avec patrimoine privé logé dans des enveloppes assurantielles (assurance-vie luxembourgeoise) participe à cette protection en cloisonnant le patrimoine professionnel et le patrimoine privé.

Le risque ordinal est latent. L'inscription au tableau de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes est obligatoire pour exercer. Une sanction ordinale (suspension temporaire d'exercice) peut interrompre l'activité de la SELARL et créer un risque économique sur les engagements (emprunt en cours sur le matériel, baux commerciaux, salaires des assistantes). Une capacité de trésorerie de précaution de 6 à 12 mois de charges fixes de SELARL doit être maintenue.

Le risque d'évolution réglementaire est continu. Les modalités de remboursement par l'Assurance maladie et les complémentaires santé, la régulation tarifaire des actes (CCAM, NGAP), les obligations d'équipement (numérisation des dossiers patients, normes de stérilisation, RGPD) évoluent régulièrement et peuvent peser sur la rentabilité du cabinet et la valeur de cession future.

Aux risques propres au profil s'ajoutent les risques généraux de toute stratégie patrimoniale : risque de marché sur les supports en unités de compte, risque de liquidité sur les private assets, risque émetteur résiduel atténué par le triangle de sécurité luxembourgeois, risque réglementaire fiscal.

Conclusion

Le déficit patrimonial du chirurgien-dentiste libéral n'est pas un déficit de revenu, c'est un déficit de coordination entre le calendrier d'investissement matériel et le calendrier de capitalisation patrimoniale. Chaque cycle de renouvellement de plateau technique capte la trésorerie SELARL qui aurait pu être déployée en patrimoine privé. Chaque autofinancement réflexe prolonge cette captation. Chaque année passée sans SPFPL chirurgien-dentiste sur un résultat distribuable supérieur à 150 000 euros représente 40 000 à 80 000 euros de frottement fiscal qui ne reviennent pas.

Trois cycles structurent une carrière. Le premier appelle la prise de date luxembourgeoise même modeste. Le deuxième appelle l'arbitrage formel entre autofinancement et emprunt + capitalisation. Le troisième appelle la SPFPL et la stratégie de transmission. À chaque cycle, l'arbitrage non résolu coûte mesurablement. Le cumul des trois représente, selon les profils, 800 000 euros à 1,5 million d'euros de patrimoine privé non constitué à horizon 60 ans.

L'environnement réglementaire 2026 ne diffère pas l'urgence. La refonte SEL/SPFPL par l'ordonnance 2023-77 du 8 février 2023 et le décret n° 2025-1216 du 11 décembre 2025 sécurisent le cadre d'utilisation de la SPFPL chirurgien-dentiste. Le pacte Dutreil durci (engagement individuel 6 ans, durée totale 8 ans) ne remet pas en cause l'intérêt structurel de l'outil pour la transmission. La fiscalité forfaitaire globale de 31,4 % sur les dividendes (LFSS 2026) renforce au contraire l'intérêt de la SPFPL en régime mère-fille (1,25 % effectifs) pour les profils à résultat distribuable supérieur à 150 000 euros.

Deux questions ne se résolvent qu'en audit personnalisé. Le calendrier optimal de création de la SPFPL en fonction du calendrier prévisionnel de renouvellement du plateau technique et du résultat distribuable de la SELARL. Le calibrage du déploiement de la trésorerie accumulée vers l'enveloppe luxembourgeoise selon votre tolérance comportementale au risque et votre horizon de cession du cabinet. Ces deux sujets dépassent ce que peut couvrir un article et appellent un échange direct.

La structuration patrimoniale du chirurgien-dentiste libéral ne se résout ni par un produit, ni par un arbitrage rémunération/dividendes pris isolément. Elle se résout par la coordination explicite des cycles d'investissement matériel avec une stratégie de capitalisation patrimoniale privée. C'est précisément ce que cet article rend explicite, et c'est l'angle que ni l'expert-comptable seul ni le banquier seul ne peuvent traiter.

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FAQ

La SPFPL chirurgien-dentiste devient pertinente à partir d'un résultat distribuable annuel de 120 000 à 150 000 euros, pertinence renforcée au-delà de 200 000 euros. En dessous de ce seuil, le différentiel fiscal entre distribution directe (31,4 %) et remontée mère-fille (1,25 %) ne couvre pas toujours les coûts de structure de la SPFPL (comptabilité, juridique, déclaratif). Au-delà de 200 000 euros de distribuable, le différentiel annuel devient structurant (60 000 euros et plus par an).
L'arbitrage dépend du coût net de l'emprunt et du rendement attendu de l'allocation patrimoniale. En 2026, le coût net d'un emprunt professionnel structuré sur 7 ans (taux nominal 3,5 à 4,5 %, intérêts déductibles du résultat de SELARL) s'établit autour de 2,6 à 3,4 % nets. Le rendement attendu d'une allocation diversifiée sur le même horizon s'établit autour de 4 à 6 % nets. Le différentiel favorise donc l'emprunt avec redistribution capitalisée. Cette règle générale doit être confirmée par un calcul personnalisé.
L'apport des parts de SELARL à une SPFPL contrôlée par le praticien place la plus-value d'apport en report d'imposition au titre de l'article 150-0 B ter CGI. L'imposition est différée, pas supprimée. Elle devient exigible lors d'un événement de sortie (cession des parts de SPFPL, transfert de domicile fiscal hors de France). Si la SPFPL cède les parts apportées dans les 3 ans suivant l'apport, le maintien du report est conditionné à un remploi : depuis le 20 février 2026, le quota minimum est de 70 % du produit de cession (contre 60 % auparavant), le délai pour réaliser le remploi est de 36 mois (contre 24 mois), et les biens remployés doivent être conservés au minimum 5 ans pour les investissements directs (contre 12 mois auparavant). Le délai de 3 ans déclenchant l'obligation de remploi est inchangé.
Le pacte Dutreil (article 787 B CGI) s'applique à la transmission des parts de la SELARL ou de la SPFPL, pas à la cession du cabinet en tant que tel. L'exonération de 75 % de la valeur transmise est conditionnée à l'engagement collectif de conservation de 2 ans, à l'engagement individuel de 6 ans depuis la réforme LFI 2026 (durée totale 8 ans), et à une fonction de direction continue par l'un des bénéficiaires. La structuration en SPFPL préalable à la transmission facilite l'application du dispositif.
Le plus tôt possible. Dès l'installation au cycle 1 (28-35 ans), même avec un versement modeste de 25 000 à 50 000 euros. L'antériorité fiscale de huit ans s'acquiert avec le temps, pas avec le montant. Un contrat ouvert à 30 ans atteint son optimum fiscal à 38 ans. Un contrat ouvert à 40 ans atteint son optimum à 48 ans. La fenêtre d'optimisation du cycle 2 (38-48 ans) est directement conditionnée par cette antériorité.
L'arbitrage dépend du niveau de résultat distribuable et de la dégressivité des cotisations sociales TNS. Le taux moyen TNS est de l'ordre de 40 à 45 % sur le premier PASS (48 060 euros en 2026), puis converge vers 24 à 28 % au-delà de 4 à 5 PASS du fait du plafonnement des cotisations vieillesse et maladie. Sur les hauts résultats (supérieurs à 250 000 euros), la rémunération de gérance reste fiscalement compétitive grâce à cette dégressivité, ce qui invalide les raisonnements à taux forfaitaire unique. L'arbitrage doit être recalculé chaque année selon le résultat prévisionnel.
Oui. Avnear est un cabinet indépendant de gestion privée, statut CIF, non adossé à un groupe bancaire. Le rôle d'Avnear est la structuration patrimoniale globale (allocation, enveloppes, transmission, coordination fiscale). Votre expert-comptable conserve la tenue comptable de la SELARL et de la SPFPL et la préparation des liasses fiscales. Votre notaire intervient sur la dimension familiale et les actes de donation. L'audit Avnear coordonne ces trois interlocuteurs, sans s'y substituer.
Pour ce profil, la pertinence Avnear se situe à partir de 250 000 à 500 000 euros de patrimoine financier mobilisable (compte-titres, assurance-vie, trésorerie SELARL distribuable, contrat de capitalisation). La gestion privée couvre la fourchette 250 000 à 500 000 euros, la gestion de fortune la fourchette 500 000 à 2 millions d'euros, le family office au-delà. Le premier échange est un audit patrimonial de 30 minutes sans engagement.
Oui. Avnear accompagne les chirurgiens-dentistes libéraux en SELARL, SELAS ou SCM sur la coordination des cycles d'investissement matériel avec une stratégie de capitalisation patrimoniale privée. L'expertise du cabinet couvre la création et la structuration de la SPFPL chirurgien-dentiste, le calibrage de l'arbitrage rémunération de gérance contre dividendes, la sélection de contrats d'assurance-vie luxembourgeois avec architecture FID/FAS, le déploiement disciplinaire de la trésorerie SELARL via Gradual Security®, l'apport-cession des parts de SELARL sous régime 150-0 B ter, et la préparation de la transmission via Dutreil. Chaque dossier est conduit en interface avec votre expert-comptable et votre notaire existants.

Résumé

  • Le chirurgien-dentiste libéral cumule une activité de services à haute valeur ajoutée (régime BNC) et un investissement matériel récurrent (200 000 à 500 000 euros tous les 7 à 10 ans). Cette dualité crée une mécanique propre au profil que les outils patrimoniaux standard ne prennent pas en compte.
  • Trois cycles d'investissement matériel structurent une carrière. Cycle 1 (28-38 ans) : installation initiale, capacité d'épargne faible, levier principal = prise de date AV luxembourgeoise. Cycle 2 (38-48 ans) : renouvellement à mi-carrière, levier principal = arbitrage formel entre autofinancement matériel et emprunt + capitalisation. Cycle 3 (48-58 ans) : second renouvellement ou extension de scope, leviers principaux = SPFPL chirurgien-dentiste et transmission Dutreil.
  • La SPFPL chirurgien-dentiste, dont le cadre a été refondu par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 et finalisé par le décret n° 2025-1216 du 11 décembre 2025, reste sous-utilisée. Le différentiel fiscal entre distribution directe (31,4 %) et remontée mère-fille (1,25 %) atteint 40 000 à 80 000 euros par an sur les profils à résultat distribuable supérieur à 150 000 euros.
  • La trésorerie SELARL laissée en compte courant à 1,5 % de rendement net constitue un coût d'opportunité annuel de 7 500 à 12 500 euros pour 250 000 euros mobilisables, soit 75 000 à 125 000 euros sur dix ans capitalisés.
  • Le cumul du coût d'inaction sur les trois cycles s'établit, selon les profils, entre 800 000 euros et 1,5 million d'euros de patrimoine privé non constitué à horizon 60 ans. L'arbitrage matériel contre patrimoine doit être instruit formellement à chaque cycle.

À retenir

  • Le déficit patrimonial du chirurgien-dentiste libéral n'est pas un déficit de revenu, c'est un déficit de coordination entre cycles d'investissement matériel et capitalisation patrimoniale privée.
  • L'ouverture d'un contrat d'assurance-vie luxembourgeois entre 28 et 35 ans, même avec un versement modeste de 25 000 à 50 000 euros, conditionne la fenêtre d'optimisation du cycle 2. L'antériorité fiscale ne s'achète pas, elle se construit dans le temps.
  • L'arbitrage autofinancement matériel contre emprunt + capitalisation est central au cycle 2. Le réflexe d'autofinancement coûte typiquement 200 000 à 350 000 euros de patrimoine privé non constitué sur la décennie 38-48 ans.
  • La SPFPL chirurgien-dentiste devient pertinente à partir de 120 000 à 150 000 euros de résultat distribuable annuel. Au-delà de 200 000 euros, le différentiel fiscal annuel (60 000 euros et plus) en fait l'enveloppe pivot.
  • La cotisation sociale TNS est dégressive (40 à 45 % sur le premier PASS, convergeant vers 24 à 28 % au-delà de 4 à 5 PASS). L'arbitrage rémunération de gérance contre dividendes doit intégrer cette dégressivité pour les hauts résultats.
  • Une structuration coordonnée par un cabinet indépendant CIF, en interface avec votre expert-comptable et votre notaire, prend deux à trois heures par trimestre une fois mise en place.

Sources et références réglementaires

  • Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 relative à l'exercice en société des professions libérales réglementées. Légifrance.
  • Décret n° 2025-1216 du 11 décembre 2025 relatif à l'exercice en société des professions de santé, pris en application de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023. Légifrance (12/2025).
  • Conseil d'État, juge des référés, ordonnance du 24 décembre 2024, n° 499706 : interprétation de l'article 121 de l'ordonnance 2023-77 sur les conditions d'exercice des dirigeants d'une SPFPL détenant plusieurs sociétés cibles.
  • Code général des impôts, articles 145 et 216 : régime mère-fille, conditions d'application. Légifrance (consultation 05/2026).
  • Code général des impôts, article 150-0 B ter : report d'imposition en cas d'apport à une société contrôlée, modifié par la loi de finances pour 2026. Légifrance (consultation 05/2026).
  • Code général des impôts, article 151 septies A : abattement pour départ en retraite sur les plus-values professionnelles. Légifrance (consultation 05/2026).
  • Code général des impôts, article 212 bis : règles de sous-capitalisation des charges financières. Légifrance (consultation 05/2026).
  • Code général des impôts, article 219, I-a quinquies : régime des titres de participation. Légifrance (consultation 05/2026).
  • Code général des impôts, article 235 ter C : taxe sur les holdings patrimoniales détenant des biens somptuaires, instaurée par la LFI 2026. Légifrance (consultation 05/2026).
  • Code général des impôts, article 238 quindecies : exonération des plus-values professionnelles en cas de cession de fonds inférieure aux seuils. Légifrance (consultation 05/2026).
  • Code général des impôts, article 787 B : pacte Dutreil, exonération de 75 % sur la transmission de parts de sociétés, durée d'engagement individuel portée à 6 ans par la LFI 2026. Légifrance (consultation 05/2026).
  • Code de la santé publique, articles R. 4113-1 et suivants : exercice en société des professions médicales et de la profession de chirurgien-dentiste. Légifrance (consultation 05/2026).
  • Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026. Légifrance (12/2025).
  • Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. Légifrance (02/2026).
  • Ordre national des chirurgiens-dentistes : cadre d'exercice de la profession et inscription au tableau. Ordre-chirurgiens-dentistes.fr (consultation 05/2026).
  • CARCDSF : caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes. Carcdsf.fr (consultation 05/2026).

Clause de conformité

Les informations contenues dans ce guide sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas un conseil juridique, fiscal ou financier individualisé. Malgré le soin apporté à leur exactitude et leur actualisation, Avnear ne saurait être tenu responsable des décisions prises sur la base de ce document. Toute opération patrimoniale doit faire l'objet d'une analyse personnalisée prenant en compte la situation spécifique du lecteur, sa résidence fiscale, ses objectifs et ses contraintes. Il est fortement recommandé de consulter un professionnel agréé (conseiller en gestion de patrimoine, avocat fiscaliste, notaire) avant toute souscription ou structuration patrimoniale.

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