Médecin libéral : comment investir et structurer son patrimoine efficacement
Un médecin libéral est imposé en BNC au barème progressif, avec une pression fiscale et sociale qui s'alourdit à mesure que le bénéfice progresse. Investir efficacement suppose d'articuler structure d'exercice (EI, SELARL, SPFPL), enveloppes patrimoniales (PER, assurance-vie luxembourgeoise) et immobilier, après un audit personnalisé.
Un médecin libéral en activité pleine peut dégager un bénéfice annuel à cinq, voire six chiffres. Pourtant, l'accumulation d'un patrimoine durable ne va pas de soi. La pression fiscale est structurellement élevée : les revenus BNC s'ajoutent aux autres ressources du foyer et sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, auxquels s'ajoutent les contributions sociales et les cotisations obligatoires à la CARMF.
La contrainte de temps, inhérente à l'exercice libéral, limite souvent la capacité à arbitrer des décisions patrimoniales complexes. Beaucoup de praticiens sous-utilisent les dispositifs qui leur sont accessibles, ou prennent des décisions de placement sans cohérence d'ensemble.
Ce guide propose une lecture structurée des leviers disponibles, des plus simples aux plus sophistiqués, en distinguant ce que dit la loi de ce que permet la pratique.
1. Comprendre sa fiscalité avant d'investir
1.1 Le cadre BNC : taux, charges et obligations déclaratives
Les revenus d'un médecin libéral relèvent de la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux au sens du Code général des impôts, quelle que soit la spécialité exercée. Le bénéfice imposable résulte de la différence entre les honoraires perçus et les charges professionnelles déductibles.
Le barème progressif de l'impôt sur le revenu applicable aux revenus 2025 (imposés en 2026) comporte cinq tranches : 0 % jusqu'à 11 600 euros, 11 % de 11 601 à 29 579 euros, 30 % de 29 580 à 84 577 euros, 41 % de 84 578 à 181 917 euros et 45 % au-delà de 181 917 euros. Seule la fraction de revenu comprise dans chaque tranche est imposée au taux correspondant.
À ce barème s'ajoutent les contributions sociales sur revenus d'activité (CSG-CRDS au taux global de 9,7 %) ainsi que les cotisations sociales obligatoires dues par le praticien, notamment auprès de l'Urssaf et de la CARMF. Ces prélèvements applicables aux revenus professionnels se distinguent nettement des prélèvements sociaux frappant les revenus du capital, dont les taux ont évolué en 2026. La charge globale peut devenir très élevée pour un praticien situé dans les tranches supérieures du barème.
Le micro-BNC s'applique automatiquement si les recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 euros pour les revenus 2025. À compter de 2026, ce seuil est relevé à 83 600 euros. Ce régime prévoit un abattement forfaitaire de 34 % sur les honoraires sans justificatif de charges.
Le régime de la déclaration contrôlée (régime réel), matérialisé par la déclaration n° 2035, permet la déduction des charges professionnelles effectivement engagées : loyers, matériel, assurances, cotisations sociales, frais de personnel. Il est obligatoire au-delà du seuil du micro-BNC ou peut être choisi sur option.
1.2 La réforme des SEL depuis 2024 : une mutation fiscale structurante
Un changement majeur est entré en application pour les revenus 2024, déclarés en 2025. Jusqu'à récemment, les rémunérations perçues par les associés de SEL à l'impôt sur les sociétés étaient majoritairement traitées comme des traitements et salaires. Plusieurs décisions du Conseil d'État ont conduit l'administration fiscale à requalifier les revenus issus de l'activité libérale exercée au sein de la SEL en Bénéfices Non Commerciaux.
Depuis l'imposition des revenus 2024, les rémunérations perçues par les associés personnes physiques de SEL au titre de leur activité libérale au sein de la société relèvent en principe de la catégorie des BNC. Le traitement fiscal des rémunérations afférentes aux fonctions de direction doit être apprécié séparément selon la structure, la qualité du dirigeant et la possibilité ou non de distinguer ces rémunérations de celles liées à l'activité libérale.
Cette réforme modifie les obligations déclaratives, les bases de cotisations sociales et les stratégies d'arbitrage entre rémunération et dividendes. Elle impose une revue personnalisée du mode de détention, des obligations déclaratives et, le cas échéant, de l'intérêt réel du maintien en SEL.
2. Choisir sa structure d'exercice : un choix patrimonial, pas seulement juridique
2.1 L'entreprise individuelle (EI) en BNC
Depuis la loi n° 2022-172 du 14 février 2022, entrée en vigueur le 15 mai 2022, une séparation de plein droit du patrimoine personnel et professionnel s'applique à l'entrepreneur individuel, sous réserve d'exceptions limitativement prévues. L'exercice en nom propre reste la situation de la majorité des médecins libéraux installés. Simple à gérer, il ne nécessite pas de formalisme sociétaire, mais implique une imposition immédiate de la totalité du bénéfice, sans possibilité de moduler la distribution entre rémunération et dividendes.
Au-delà d'un certain niveau de revenus, l'EI limite les marges d'optimisation. Toute trésorerie non consommée est immédiatement imposée, réduisant la capacité d'investissement résiduelle.
2.2 La SELARL : arbitrage entre IS, rémunération et dividendes
La SELARL est soumise à l'impôt sur les sociétés. Le taux réduit à 15 % s'applique jusqu'à 42 500 euros de résultat imposable, sous condition d'un chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros, d'un capital entièrement libéré et détenu pour 75 % au moins par des personnes physiques (ou par une société répondant elle-même à cette condition). Au-delà, le taux est de 25 %. Ce taux est structurellement inférieur au taux marginal d'imposition d'un praticien fortement imposé en BNC.
L'associé peut se verser une rémunération, déductible du résultat fiscal de la société, et distribuer des dividendes sur le solde. Les dividendes perçus par l'associé relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et, en 2026, 18,6 % de prélèvements sociaux pour les revenus concernés, soit un taux global de 31,4 %. Le contribuable peut opter pour le barème progressif.
Pour les associés relevant du régime des travailleurs non salariés, la fraction des dividendes excédant 10 % du total formé par le capital social, les primes d'émission et les sommes versées en compte courant d'associé entre dans l'assiette des cotisations sociales (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale). Cette règle limite l'intérêt d'une stratégie reposant sur une distribution massive de dividendes.
La SELARL présente un intérêt réel lorsque la capacité d'épargne professionnelle est significative, que le praticien n'a pas besoin de consommer immédiatement la totalité de son bénéfice, et que la structure de ses charges le justifie. Elle génère en revanche des obligations comptables et déclaratives plus lourdes qu'une EI, et des coûts de gestion à intégrer dans le calcul.
2.3 La SPFPL : l'outil de capitalisation long terme
La Société de Participations Financières de Professions Libérales permet de détenir les parts de la société d'exercice via une holding qui les contrôle. Lorsque la SEL distribue des dividendes à une SPFPL détenant les titres dans les conditions requises, ces distributions peuvent relever du régime mère-fille : elles sont alors exonérées à hauteur de 95 %, sous réserve de la réintégration d'une quote-part de frais et charges de 5 %.
Les sommes ainsi capitalisées peuvent être réinvesties dans de l'immobilier, des placements financiers ou d'autres participations. Cette structuration présente un niveau de complexité élevé et doit reposer sur une logique économique, juridique et patrimoniale réelle. Elle ne se justifie pas par la seule recherche d'un avantage fiscal.
Tableau comparatif : EI/BNC, SELARL, SPFPL
3. Les leviers d'épargne et de placement
3.1 Le Plan d'Épargne Retraite : un outil puissant, mais conditionnel
Le PER individuel, créé par la loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 et codifié aux articles 154 bis et 163 quatervicies du CGI, constitue le principal dispositif d'épargne retraite des travailleurs non salariés.
Pour un médecin libéral relevant d'un régime réel, le plafond de déduction des versements retraite TNS combine deux composantes : 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de 8 fois le PASS, augmenté de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS 2026 est fixé à 48 060 euros. Le montant effectivement mobilisable doit toujours être rapproché du plafond d'épargne retraite disponible figurant sur l'avis d'imposition.
Il est possible d'utiliser les plafonds non consommés des trois années précédentes, ce qui permet de réaliser des versements importants lors d'années de revenus exceptionnels.
L'avantage du PER est d'ordre différé : la déduction réduit l'impôt à l'entrée au taux marginal, mais les sommes versées restent imposables à la sortie (rente ou capital), selon les règles alors applicables. L'intérêt est d'autant plus marqué que le taux marginal actif est supérieur au taux marginal anticipé à la retraite.
Limites et risques : le capital est en principe bloqué jusqu'à la retraite, sous réserve de cas de déblocage anticipé légalement prévus. Les sommes versées restent exposées aux risques de marché selon les supports choisis. La fiscalité à la sortie est évolutive.
3.2 L'assurance-vie : socle de diversification et de transmission
L'assurance-vie reste l'enveloppe de référence pour combiner disponibilité, diversification et transmission. Elle n'ouvre pas droit à déduction à l'entrée, contrairement au PER. En revanche, après huit ans de détention, les produits retirés lors d'un rachat bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune.
Au-delà des aspects fiscaux, l'assurance-vie permet de désigner des bénéficiaires dans un cadre civil et fiscal spécifique, dans les limites des règles relatives à la réserve héréditaire. Les capitaux décès issus de primes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire (article 990 I du CGI).
Le fonds en euros offre une garantie en capital, tandis que les unités de compte exposent à un risque de perte en capital, auquel peut s'ajouter, selon les supports, un risque de liquidité ou de défaillance de l'émetteur.
3.3 L'assurance-vie luxembourgeoise : un cadre adapté aux praticiens à patrimoine structuré
Pour les médecins libéraux dont le patrimoine financier dépasse plusieurs centaines de milliers d'euros, l'assurance-vie luxembourgeoise constitue un complément stratégique au contrat français. Elle s'inscrit dans un cadre prudentiel reconnu, articulé autour du triangle de sécurité luxembourgeois : ségrégation des avoirs entre l'assureur, la banque dépositaire et le Commissariat aux Assurances (CAA), et privilège du souscripteur de premier rang en cas de défaillance.
Les contrats luxembourgeois donnent accès, selon le niveau de prime versée, à une architecture financière élargie : fonds internes dédiés (FID), fonds d'assurance spécialisés (FAS). Ces véhicules permettent une gestion sur mesure, alignée sur le profil de risque du souscripteur, avec une diversification d'actifs supérieure à celle d'un contrat français standard.
La fiscalité applicable au souscripteur est celle de son pays de résidence : pour un résident fiscal français, le contrat luxembourgeois est traité fiscalement comme un contrat français, sans surcoût ni neutralité particulière. Il doit être déclaré annuellement via le formulaire n° 3916-3916 bis.
Le contrat luxembourgeois suppose une analyse préalable des frais, de l'univers d'investissement, du dépositaire, de l'assureur et des contraintes déclaratives. Il n'a de pertinence que dans des situations patrimoniales spécifiques : excédents structurels, mobilité internationale potentielle, recherche de portabilité ou volonté d'accéder à une gestion institutionnelle.
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3.4 Le compte-titres ordinaire : capacité d'investissement sans plafond
Pour les patrimoines plus développés, le compte-titres ordinaire offre une capacité d'investissement sans plafond, sans avantage fiscal particulier. Les dividendes, intérêts et plus-values relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique. En 2026, ce prélèvement est présenté pour les revenus concernés à 31,4 % au total, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option globale pour le barème progressif. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et, le cas échéant, la contribution différentielle sur les hauts revenus peuvent s'y ajouter pour les foyers dépassant les seuils légaux.
3.5 Le crédit Lombard : mobiliser sans désinvestir
Pour un praticien dont les actifs financiers sont logés dans un contrat d'assurance-vie luxembourgeois ou un compte-titres, le crédit Lombard constitue un levier de financement complémentaire. Il s'agit d'une avance bancaire garantie par le nantissement d'actifs financiers, permettant de mobiliser de la liquidité sans déclencher d'arbitrage et donc sans frottement fiscal sur plus-values latentes.
Ce mécanisme peut financer une acquisition immobilière, une opération d'OBO, une trésorerie professionnelle ou un investissement opportuniste. Il expose toutefois à un risque d'appel de marge en cas de baisse marquée de la valeur des actifs nantis et suppose une gestion rigoureuse du ratio loan-to-value.
4. L'immobilier : une allocation à raisonner avec soin
4.1 L'immobilier locatif en direct
L'acquisition de biens locatifs constitue traditionnellement un levier patrimonial pour les médecins libéraux, en raison de l'accès au crédit facilité par des revenus réguliers et de la constitution d'un capital à long terme.
Le régime réel d'imposition des revenus fonciers permet de déduire les charges, intérêts d'emprunt et travaux selon les dispositifs applicables. En cas de déficit foncier, celui-ci est déductible du revenu global dans la limite de 10 700 euros par an en application de l'article 156 du CGI. Le surplus est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
L'immobilier locatif nu reste soumis à l'IR au barème progressif pour un praticien à taux marginal élevé, auquel s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux sur les revenus fonciers. La rentabilité nette après fiscalité doit être évaluée avec précision, notamment dans les grandes agglomérations où les rendements bruts sont faibles.
Le dispositif LMNP, sous régime réel, permet d'amortir comptablement le bien et de générer des revenus faiblement fiscalisés sur longue période. Il suppose un statut locatif meublé et des obligations déclaratives spécifiques. La loi n° 2025-127 du 14 février 2025, en son article 84, a modifié le calcul de la plus-value de cession en LMNP non professionnel pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025 : les amortissements admis en déduction viennent minorer le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value imposable. L'avantage fiscal du régime réel s'en trouve réduit, avec des exceptions prévues notamment pour certaines résidences services (étudiantes, seniors, EHPAD).
4.2 L'immobilier via une SCI ou une structure holding
L'acquisition des murs professionnels via une SCI, détenue directement ou indirectement selon la structuration retenue, permet de dissocier l'immobilier de l'activité d'exploitation et d'organiser plus finement la détention du patrimoine professionnel. Cette option suppose une analyse juridique, fiscale et économique préalable.
Ce montage présente des avantages en termes de gestion de trésorerie et de transmission, mais génère des risques spécifiques : requalification fiscale si le loyer versé à la SCI par la SEL n'est pas conforme au marché, complexité administrative, et rigidité en cas de changement de situation professionnelle.
4.3 L'OBO immobilier : refinancer son patrimoine immobilier existant
Pour un praticien détenant un patrimoine immobilier déjà constitué (cabinet, résidence principale partielle, biens locatifs), l'OBO immobilier (Owner Buy Out) constitue un levier de restructuration. Il s'agit d'une vente à soi-même via une société dédiée, permettant de monétiser une partie de la valeur du bien tout en conservant le contrôle, et de générer des liquidités réinvestissables dans une enveloppe financière (assurance-vie luxembourgeoise, par exemple).
L'opération suppose un cadrage strict : valorisation conforme au marché, justification économique de l'opération, calibrage du financement bancaire, traitement des plus-values d'apport ou de cession. Elle ne saurait être motivée par la seule recherche d'un avantage fiscal, sous peine d'abus de droit (article L. 64 du LPF).
4.4 Les risques propres à l'immobilier
L'immobilier présente des risques que les médecins libéraux sous-estiment parfois : illiquidité du placement, risque locatif (impayés, vacance, dégradation), risque de change pour les investissements à l'étranger, et risque de valorisation selon les cycles de marché. La réglementation locative est par ailleurs évolutive, notamment pour les locations meublées de courte durée et les passoires thermiques (DPE), ce qui peut affecter la rentabilité ou l'éligibilité au statut LMNP.
5. Scénario chiffré : médecin libéral en exercice individuel, BNC de 150 000 euros
Profil illustratif : praticien de 45 ans, exerçant en nom propre, avec un bénéfice BNC de 150 000 euros avant arbitrages patrimoniaux.
Point de vigilance : à ce niveau de revenu, toute simulation dépend fortement de la composition du foyer, des charges déductibles réelles, des cotisations sociales, des autres revenus, des déficits reportables et du plafond d'épargne retraite disponible.
Levier PER. Le plafond théorique de déduction TNS pour 2026 ressort à : 10 % de 150 000 euros (soit 15 000 euros) augmenté de 15 % de la fraction comprise entre 1 PASS (48 060 euros) et le bénéfice (soit 15 % de 101 940 euros = 15 291 euros), pour un total théorique de 30 291 euros. Le plafond effectivement disponible reste celui figurant sur l'avis d'imposition.
Levier assurance-vie luxembourgeoise. Un effort d'épargne régulier sur un contrat luxembourgeois multisupport permet d'allier souplesse, diversification institutionnelle et préparation de la transmission, en complément du PER bloqué jusqu'à la retraite.
Levier structure d'exercice. Lorsque le praticien ne consomme pas l'intégralité de son bénéfice professionnel, une réflexion sur le passage en SELARL, voire l'interposition d'une SPFPL, peut devenir pertinente. Elle doit intégrer les coûts de structure, les obligations déclaratives, la protection sociale et les objectifs personnels.
6. Prévoyance et protection : un préalable à tout investissement
Avant d'optimiser son épargne, le médecin libéral doit s'assurer de sa protection en cas d'aléa. Les médecins libéraux relèvent d'un socle obligatoire mêlant Assurance maladie et CARMF. En cas d'arrêt de travail, l'indemnisation ne repose pas sur un seul régime : des indemnités journalières peuvent être versées par l'Assurance maladie à compter du 4ᵉ jour, dans les conditions issues du décret n° 2021-755 du 12 juin 2021. La CARMF intervient ensuite au titre du régime invalidité-décès selon ses règles propres, généralement à compter du 91ᵉ jour.
Pour un praticien dont le niveau de charges fixes est élevé, une prévoyance complémentaire bien calibrée reste indispensable. Les contrats de prévoyance individuelle souscrits dans le cadre Madelin permettent de déduire les cotisations du bénéfice professionnel sous plafonds légaux. La responsabilité civile professionnelle constitue par ailleurs une obligation d'assurance pour les professionnels de santé exerçant à titre libéral.
7. La transmission du patrimoine
La question de la transmission se prépare bien avant la cessation d'activité. Pour un médecin libéral, le patrimoine transmissible comprend en général la valeur de la patientèle (ou des parts de SEL), l'immobilier, et les placements financiers.
La donation-partage avec réserve d'usufruit permet de transmettre de son vivant en conservant les revenus, dans le cadre de l'abattement de 100 000 euros par enfant et par parent, renouvelable tous les quinze ans (article 779 du CGI). L'assurance-vie, et particulièrement l'assurance-vie luxembourgeoise pour ses qualités de portabilité, constitue un outil de transmission ciblée hors succession dans les limites de l'article 990 I du CGI.
Pour les praticiens en SEL, la cession des parts sociales déclenche une imposition sur la plus-value à titre professionnel ou privé selon les conditions. Les dispositifs d'exonération ou d'abattement liés à la durée de détention méritent une analyse approfondie en amont. L'intégration des titres dans une SPFPL, en amont d'une cession, peut permettre, sous conditions strictes, un report d'imposition au titre de l'article 150-0 B ter du CGI (apport-cession). Ce report ne constitue pas une exonération et impose un réinvestissement économique conforme aux exigences légales sous peine de déchéance.
Conclusion
Investir en tant que médecin libéral ne se résume ni à choisir un placement financier, ni à adopter une structure sociétaire de principe. La démarche efficace part d'un diagnostic précis de la situation fiscale, intègre les objectifs de long terme (retraite, transmission, protection), et articule des enveloppes complémentaires selon leurs spécificités.
Les changements fiscaux de 2024 sur les SEL, les évolutions du PFU à 31,4 % sur certains produits, la réforme du LMNP issue de la loi du 14 février 2025 et les ajustements récurrents en loi de finances rendent une mise à jour régulière indispensable. Une stratégie cohérente aujourd'hui peut devoir être revue dès la prochaine loi de finances.
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FAQ
Résumé
- Les revenus d'un médecin libéral relèvent en principe des BNC et sont soumis au barème progressif de l'IR. À cela s'ajoutent les contributions sociales sur revenus d'activité (CSG-CRDS 9,7 %) et les cotisations sociales obligatoires Urssaf et CARMF.
- Depuis l'imposition des revenus 2024, les rémunérations techniques des associés de SEL relèvent en principe des BNC, et non plus des traitements et salaires.
- Le PER individuel TNS permet de déduire 10 % du bénéfice imposable + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS (PASS 2026 : 48 060 euros), avec un report sur trois ans des plafonds non utilisés.
- La SELARL à l'IS présente un intérêt croissant dès lors que le praticien dispose d'une capacité d'épargne professionnelle significative. Pour les associés TNS, les dividendes au-delà de 10 % du capital social sont soumis aux cotisations sociales.
- L'assurance-vie luxembourgeoise apporte un cadre prudentiel renforcé, une architecture d'investissement institutionnelle (FID, FAS, FIC) et une portabilité utile aux praticiens à patrimoine structuré.
- Le crédit Lombard, garanti par le nantissement d'actifs financiers, permet de mobiliser de la liquidité sans déclencher d'arbitrage fiscal.
- Toute stratégie patrimoniale doit intégrer une protection prévoyance solide avant toute démarche d'investissement.
À retenir
- Le barème progressif de l'IR applicable aux revenus 2025 peut conduire un médecin libéral dans une tranche marginale jusqu'à 45 %, auxquels s'ajoutent CSG-CRDS et cotisations sociales obligatoires.
- Depuis l'imposition des revenus 2024, les rémunérations perçues par les associés de SEL au titre de leur activité libérale relèvent en principe des BNC.
- Le PER individuel TNS permet de déduire 10 % du bénéfice imposable + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, avec un PASS 2026 fixé à 48 060 euros.
- L'assurance-vie luxembourgeoise constitue, pour les praticiens à patrimoine structuré, un cadre alliant sécurité prudentielle (triangle de sécurité), architecture institutionnelle (FID, FAS, FIC) et portabilité internationale.
- Le crédit Lombard permet de mobiliser de la liquidité sans déclencher d'arbitrage fiscal sur plus-values latentes.
- Toute stratégie d'investissement doit reposer sur une analyse préalable de la structure d'exercice, de la fiscalité personnelle, des besoins de protection et des objectifs de transmission.
Sources et références réglementaires
- Code général des impôts, articles 93, 150-0 B ter, 154 bis, 163 quatervicies, 779, 990 I — Légifrance (consultation 04/2026)
- Code de la sécurité sociale, article L. 131-6 — Légifrance (consultation 04/2026)
- Livre des procédures fiscales, article L. 64 — Légifrance (consultation 04/2026)
- Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 — Légifrance
- Loi n° 2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante — Légifrance
- Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, art. 84 (réforme LMNP) — Légifrance
- Décret n° 2021-755 du 12 juin 2021 relatif aux indemnités journalières des professionnels libéraux — Légifrance
- BOFIP, BOI-BNC-CHAMP-10-10-20 et BOI-RSA-GER-10-30 (qualification des rémunérations des associés de SEL) — DGFIP (mise à jour 12/2023)
- BOFIP, BOI-IR-PAS-20-10-10 et BOI-IS-BASE-30-10 (régime mère-fille) — DGFIP
- Conseil d'État, 16 octobre 2013, n° 339822 ; CE, 8 décembre 2017, n° 409429 — Légifrance
- Service-Public.fr, fiches SELARL et SPFPL (consultation 04/2026)
- Impots.gouv.fr, Plan d'Épargne Retraite individuel (consultation 04/2026)
- CARMF, régime invalidité-décès et indemnités journalières (consultation 04/2026)
- Commissariat aux Assurances (Luxembourg), CSSF — cadre prudentiel de l'assurance-vie luxembourgeoise
Clause de conformité
Les informations contenues dans ce guide sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas un conseil juridique, fiscal ou financier individualisé. Malgré le soin apporté à leur exactitude et leur actualisation, Avnear ne saurait être tenu responsable des décisions prises sur la base de ce document. Toute opération patrimoniale doit faire l'objet d'une analyse personnalisée prenant en compte la situation spécifique du lecteur, sa résidence fiscale, ses objectifs et ses contraintes. Il est fortement recommandé de consulter un professionnel agréé (conseiller en gestion de patrimoine, avocat fiscaliste, notaire) avant toute souscription ou structuration patrimoniale.
Règles applicables aux opérations réalisées à compter du 1er janvier 2026 conformément à la loi de finances pour 2026.
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Le risque ne se prédit pas. Il se gère
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