Expatriés & non-résidents

8 min de lecture

Expatriation depuis la France : le calendrier complet des formalités fiscales et patrimoniales

Partir s'installer à l'étranger impose un enchaînement de formalités dans un ordre déterminé : déclaration du transfert de domicile fiscal, gestion de l'exit tax si applicable (demande de sursis expresse 90 jours avant le départ pour les États ne bénéficiant pas du sursis automatique), clôture des livrets réglementés réservés aux résidents, maintien ou restructuration des enveloppes d'investissement, organisation de la couverture sociale, et double déclaration de revenus l'année du départ. Un délai d'anticipation d'au moins six mois est recommandé.

Quitter la France ne se résume pas à un déménagement. C'est un événement juridique dont la date précise, celle du transfert de domicile fiscal, conditionne l'ensemble des obligations déclaratives, la nature des impositions applicables et la validité de certaines stratégies patrimoniales mises en place avant le départ.

Pour les contribuables qui disposent d'un patrimoine significatif, les enjeux sont multiples : plus-values latentes sur titres potentiellement soumises à l'exit tax, sort des enveloppes d'épargne, maintien éventuel à l'IFI sur les biens français conservés, traitement des revenus fonciers en nom propre dont la pression fiscale s'alourdit avec le temps, continuité de la protection sociale. Chaque formalité a une conséquence directe sur la structure patrimoniale, et aucune ne peut être traitée de manière isolée.

Ce guide présente les étapes à réaliser avant et après le départ, en précisant les délais légaux, les interlocuteurs compétents et les implications patrimoniales associées à chacune. Règles applicables aux opérations réalisées à compter du 1er janvier 2026 conformément à la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et à la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).

1. La résidence fiscale : définition juridique et date de transfert

Les critères de l'article 4 B du CGI

En droit interne français, l'article 4 B du Code général des impôts pose trois critères alternatifs de domiciliation fiscale. Est considérée comme domiciliée fiscalement en France la personne qui y a son foyer ou son lieu de séjour principal, celle qui y exerce son activité professionnelle principale (salariée ou non, sauf si accessoire), ou celle qui y a le centre de ses intérêts économiques, entendu comme le lieu de ses principaux investissements, le siège de ses affaires ou la source de la majorité de ses revenus.

La satisfaction d'un seul de ces critères suffit à maintenir la résidence fiscale française. Cette règle a une conséquence pratique directe : déménager physiquement à l'étranger ne suffit pas à rompre le domicile fiscal si l'un des trois rattachements demeure actif.

Les conventions fiscales bilatérales peuvent en outre définir des critères de résidence propres (les "tie-breaker rules"), susceptibles de primer sur le droit interne lorsqu'un conflit de résidence existe avec un État conventionné.

Le timing du transfert, variable patrimoniale à part entière

La date de transfert de domicile fiscal n'est pas neutre sur le plan des conséquences financières. Elle détermine l'assiette potentielle de l'exit tax, la répartition des revenus entre les deux régimes d'imposition au titre de l'année de départ, et la date d'entrée en vigueur du sursis de paiement pour les contribuables éligibles.

Dans certaines situations, avancer ou reculer le départ de quelques semaines peut modifier sensiblement l'assiette imposable, notamment lorsqu'une plus-value est attendue en cours d'année ou lorsqu'une décision de distribution de dividendes est prévue. Les contribuables ayant procédé à un apport-cession sous le régime du 150-0 B ter doivent par ailleurs vérifier que le départ ne déclenche pas la déchéance du report d'imposition associé. Cette analyse doit être conduite bien en amont du départ effectif, avec l'appui d'un professionnel qualifié.

2. Les formalités fiscales avant le départ

Signaler son départ à l'administration fiscale

Avant de quitter le territoire, le contribuable doit informer le Service des impôts des particuliers (SIP) dont il dépend de son transfert de domicile. Cette démarche s'effectue via la messagerie sécurisée de l'espace personnel sur impots.gouv.fr. Elle permet de communiquer la nouvelle adresse à l'étranger et d'assurer la bonne gestion du dossier fiscal.

À compter du départ, le dossier est géré par le Service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR), basé à Noisy-le-Grand. Cet interlocuteur centralisé traite l'ensemble des déclarations de revenus de source française des non-résidents ainsi que les déclarations d'IFI. Il convient de noter que le "quitus fiscal", qui consistait à régulariser l'impôt dû jusqu'au jour du départ, a été supprimé depuis 2005 : aucun paiement anticipé n'est donc requis à ce titre.

L'exit tax : la démarche à ne pas manquer

Le régime de l'exit tax, codifié à l'article 167 bis du CGI, soumet à imposition les plus-values latentes sur droits sociaux et valeurs mobilières lorsque certains seuils de détention sont atteints au moment du transfert de domicile hors de France. Il s'agit d'une imposition immédiate assortie d'un sursis de paiement, et non d'une exonération.

Depuis l'entrée en vigueur de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), la plus-value latente soumise à l'exit tax est imposée à un taux global de 31,4 %, soit 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % au titre des prélèvements sociaux. Pour les contribuables dont les revenus excèdent les seuils de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (art. 223 sexies CGI) ou de la contribution différentielle sur les hauts revenus (art. 224 CGI), ces contributions additionnelles peuvent s'appliquer en sus. Pour évaluer le montant exact applicable à votre situation, le simulateur exit tax 2026 permet une première estimation sur la base du portefeuille et de la date de départ envisagée.

Une fois les titres conservés pendant le délai légal après le départ (deux ans en principe, cinq ans lorsque la valeur globale du portefeuille dépasse 2 570 000 euros au moment du transfert de domicile), l'impôt en sursis est dégrevé définitivement. La loi de finances pour 2026 n'a pas modifié ces délais. Lorsque la conservation des titres impose un besoin de liquidité ponctuel, le recours au crédit Lombard adossé à un contrat luxembourgeois permet de générer du cash sans déclencher la cession qui ferait tomber le sursis.

Le sursis de paiement : automatique ou sur demande expresse ?

Les modalités pratiques diffèrent selon le pays d'accueil, et la frontière entre sursis automatique et sursis sur demande expresse ne se résume pas à l'appartenance à l'Union européenne.

Aux termes de l'article 167 bis IV du CGI, le sursis de paiement est automatique pour les transferts de domicile vers tout État ou territoire qui satisfait simultanément à deux conditions : avoir conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales, et une convention d'assistance mutuelle en matière de recouvrement d'une portée similaire à celle prévue par la directive 2010/24/UE, et ne pas figurer sur la liste des États et territoires non coopératifs au sens de l'article 238-0 A du CGI. Ce périmètre dépasse largement l'Union européenne et l'Espace économique européen : certains pays comme l'Île-Maurice, le Maroc ou le Sénégal y sont éligibles, tandis que la Suisse ou les Émirats arabes unis n'y figurent pas. La liste des États éligibles doit être vérifiée auprès du SIPNR ou du BOFIP avant tout départ.

Pour les transferts vers les États ne satisfaisant pas à ces deux conditions, une demande de sursis expresse doit être déposée au plus tard 90 jours avant la date de transfert de domicile fiscal hors de France, conformément à l'article 41 tervicies A de l'annexe 3 du CGI. Cette demande doit être accompagnée du formulaire 2074-ETD et d'une proposition de garanties financières dont le montant est calculé sur la base de 12,8 % du montant brut des plus-values et créances soumises à l'exit tax, sans application des abattements éventuels. Le non-respect du délai de 90 jours entraîne la déchéance du droit au sursis, sauf accord discrétionnaire du service. Il est également nécessaire de désigner un représentant fiscal établi en France.

Les conditions d'application, les seuils de déclenchement, les cas de déchéance ultérieure du sursis et les modalités de dégrèvement sont traités en détail dans les guides dédiés disponibles sur ce site.

La déclaration de revenus de l'année de départ

L'année de départ fait l'objet d'une déclaration en deux volets distincts. Les revenus perçus du 1er janvier jusqu'à la date effective du transfert de domicile fiscal sont déclarés via le formulaire 2042, au titre du régime des résidents. Les revenus de source française perçus après cette date et jusqu'au 31 décembre de l'année de départ sont déclarés via le formulaire 2042 NR, au titre du régime des non-résidents. Ces deux déclarations sont initialement adressées au SIP d'origine, qui communique le dossier au SIPNR.

Cette dualité déclarative peut soulever des questions de qualification lorsque des revenus fonciers, des dividendes ou des gains de cession de valeurs mobilières sont perçus en cours d'année, à cheval sur les deux périodes.

3. Les enveloppes financières face au changement de résidence

Les produits d'épargne réglementés à clôturer

Le droit français réserve certains produits d'épargne réglementés aux personnes fiscalement domiciliées en France. Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d'épargne populaire (LEP) en font partie : ils doivent être clôturés lors du changement de résidence fiscale. Le Livret Jeune répond à la même logique.

Le Livret A peut en revanche être conservé par un non-résident. Le signalement du changement de statut fiscal à chaque établissement bancaire reste une obligation, indépendamment du sort de chaque enveloppe.

Le Plan d'épargne en actions (PEA) peut également être conservé après le départ, mais le non-résident ne peut plus effectuer de nouveaux versements à compter de la date de transfert de domicile fiscal. La conservation du PEA sans alimentation nouvelle est possible ; toute question relative aux conséquences fiscales d'un rachat depuis l'étranger mérite d'être tranchée en amont avec un conseil spécialisé, les conventions bilatérales pouvant interférer avec le régime interne.

Le maintien des enveloppes d'investissement

L'assurance-vie souscrite en France peut en principe être conservée après le départ. Toutefois, les effets fiscaux attachés aux rachats évoluent selon la convention fiscale applicable entre la France et le pays d'accueil. Certains assureurs peuvent, en application des réglementations propres à certaines juridictions (notamment les contraintes issues de FATCA pour les ressortissants ou résidents américains), restreindre les possibilités de versement ou de gestion du contrat. Un audit contractuel préalable au départ s'impose.

Le compte-titres ordinaire peut être conservé par les non-résidents. La fiscalité des revenus de source française qu'il génère (dividendes, intérêts) est soumise aux retenues à la source prévues par la convention fiscale applicable entre la France et le pays de résidence, ou à défaut aux taux internes. Cette vérification convention par convention est indispensable, car les taux de retenue varient sensiblement d'un traité à l'autre.

L'assurance-vie luxembourgeoise : l'enveloppe de la mobilité internationale

L'assurance-vie de droit luxembourgeois présente des caractéristiques structurelles adaptées aux patrimoines mobiles (voir le guide complet 2026 de l'assurance-vie luxembourgeoise pour le détail du fonctionnement). La neutralité fiscale du contrat au Luxembourg implique que l'imposition intervient exclusivement dans le pays de résidence du souscripteur selon les règles locales, ce qui permet de changer de pays de résidence sans restructurer le contrat. Le triangle de sécurité luxembourgeois, le mécanisme de super-privilège des assurés et l'accès à des fonds internes dédiés (FID, FAS, FIC) offrent un niveau de protection patrimoniale documenté par la réglementation de la CSSF et du Commissariat aux Assurances.

Il convient toutefois de signaler que les fonds euros accessibles dans les contrats luxembourgeois commercialisés en France restent exposés au risque de suspension temporaire des rachats prévu par la loi Sapin II (loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016), applicable sur décision du Haut Conseil de stabilité financière pour une durée maximale de six mois.

Pour un contribuable qui anticipe un ou plusieurs changements de résidence fiscale dans les années à venir, souscrire un contrat luxembourgeois avant le départ peut simplifier considérablement la gestion patrimoniale dans la durée. Le guide dédié à l'assurance-vie luxembourgeoise pour non-résidents détaille les régimes applicables selon les principaux pays d'accueil.

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4. La protection sociale : organiser la transition

La Caisse des Français de l'Étranger

La Caisse des Français de l'Étranger (CFE) est un organisme de sécurité sociale volontaire, créé en 1978, qui permet aux ressortissants français résidant à l'étranger de maintenir une couverture pour les risques maladie, maternité, invalidité et retraite de base. L'adhésion est facultative et ouverte à tous, quelle que soit la durée ou la nature du séjour à l'étranger.

Les cotisations sont calculées selon le revenu déclaré, réparties en tranches. L'adhésion à la CFE peut s'avérer particulièrement pertinente dans les pays dont le système de santé local n'offre pas de couverture équivalente au régime français, ou dans les situations où un rapatriement sanitaire vers la France pourrait devenir nécessaire. Elle peut aussi utilement compléter une assurance santé internationale, en optimisant le coût global de la protection.

La préservation des droits à la retraite

L'expatriation interrompt les cotisations au régime général de retraite français. Les trimestres validés en France sont conservés et valorisés lors de la liquidation des droits, sans durée de péremption. La France a conclu de nombreuses conventions bilatérales de sécurité sociale qui permettent la totalisation des périodes cotisées dans les deux pays pour l'ouverture des droits et le calcul de la pension.

Pour les contribuables qui souhaitent maintenir des cotisations volontaires au régime général et au régime de retraite complémentaire, la CFE propose également un module retraite. Cette option mérite d'être évaluée en fonction de la durée prévisible de l'expatriation, de l'âge et du pays d'accueil. Le Centre de liaison européen et international de sécurité sociale (CLEISS) est l'interlocuteur de référence pour les questions de coordination des régimes.

5. Les formalités douanières et administratives

La déclaration des transferts de capitaux

Tout transfert de sommes, de titres ou de valeurs vers un pays non membre de l'Union européenne, d'un montant égal ou supérieur à 10 000 euros, doit être déclaré auprès du service des douanes, conformément au règlement (UE) 2018/1672 du 23 octobre 2018 et aux dispositions du Code des douanes national. Cette obligation vise les espèces, les chèques, les instruments négociables au porteur et les cartes prépayées.

À l'intérieur de l'Union européenne, aucune déclaration douanière n'est requise pour les mouvements de capitaux entre particuliers. Le principe de libre circulation des capitaux, fondé sur l'article 63 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, s'applique sans restriction entre États membres.

Le déménagement des biens mobiliers

Le transfert de biens meubles à usage personnel (mobilier, véhicules, œuvres d'art) vers un pays tiers hors Union européenne peut bénéficier d'un régime de franchise douanière sous conditions de résidence et de durée de possession des biens. Un dossier de franchise doit être constitué auprès du bureau des douanes compétent avant le départ. Les œuvres d'art et objets de collection sont soumis à des règles spécifiques qu'il convient de vérifier au cas par cas.

Le signalement aux établissements financiers

Avant le départ, chaque établissement bancaire et chaque assureur doit être informé du changement de statut fiscal. Ce signalement déclenche le reclassement des comptes en comptes de non-résident, la suppression des produits non autorisés aux non-résidents et, le cas échéant, l'adaptation des conditions contractuelles. Négliger cette formalité expose à des risques de régularisation fiscale ultérieure.

6. Les démarches après le départ

L'inscription au registre des Français établis hors de France

L'inscription au registre consulaire est une démarche gratuite et facultative, ouverte à tout ressortissant français résidant à l'étranger quelle que soit la durée du séjour. Elle s'effectue auprès du consulat ou de l'ambassade compétents, ou via le portail service-public.fr. Elle ouvre l'accès à la protection consulaire, facilite le renouvellement des documents d'identité depuis l'étranger et permet aux services de l'État de joindre les ressortissants en situation d'urgence. L'inscription est valable cinq ans et renouvelable.

Pour les familles avec enfants scolarisés à l'étranger, le registre consulaire conditionne également l'accès à certaines bourses scolaires attribuées par l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE).

La première déclaration de revenus en qualité de non-résident

L'année suivant le départ, le contribuable dépose deux déclarations distinctes auprès du SIPNR : la déclaration 2042 pour les revenus perçus jusqu'à la date de départ en qualité de résident, et la déclaration 2042 NR pour les revenus de source française perçus après cette date en qualité de non-résident. Les délais de dépôt sont alignés sur ceux des résidents pour cette première année.

Les années suivantes, seuls les revenus de source française définis à l'article 164 B du CGI restent imposables en France sous réserve des conventions bilatérales applicables : revenus fonciers d'immeubles situés en France, dividendes versés par des sociétés françaises, plus-values sur cession d'immeubles situés en France, rémunérations pour activités exercées en France.

Par ailleurs, tout compte bancaire ouvert à l'étranger doit, lors du retour éventuel en France, être déclaré à l'administration fiscale conformément aux dispositions de l'article 1649 A du CGI.

L'IFI pour les non-résidents détenteurs d'immobilier en France

Le transfert de domicile fiscal hors de France n'exonère pas d'IFI. L'article 964 du CGI maintient l'assujettissement à l'IFI pour les non-résidents dont la valeur nette taxable des biens et droits immobiliers situés en France est supérieure à 1 300 000 euros. L'assiette est limitée aux seuls actifs immobiliers français, par opposition aux résidents qui déclarent l'intégralité de leur patrimoine immobilier mondial.

Les dettes admises en déduction pour les non-résidents sont également restreintes aux emprunts ayant directement financé les biens immobiliers français imposables. Une revue précise de la valeur nette du patrimoine immobilier résiduel en France s'impose donc avant le départ, en tenant compte des éventuelles décotes pour démembrement ou indivision.

Calendrier synthétique des formalités d'expatriation

Délai Formalité Interlocuteur Enjeu patrimonial
6 mois avant le départ Audit fiscal et patrimonial complet CGP, avocat fiscaliste, notaire Exit tax (31,4 % depuis LFSS 2026), IFI résiduel, restructuration des enveloppes, vérification sursis automatique
Au moins 90 jours avant le départ (États hors sursis automatique) Demande de sursis expresse exit tax — formulaire 2074-ETD, désignation d'un représentant fiscal, constitution de garanties (12,8 % du montant brut des plus-values) SIPNR (Noisy-le-Grand) Obligatoire sous peine de déchéance du sursis (art. 167 bis IV CGI et art. 41 tervicies A, annexe 3 CGI)
Avant le départ Vérification de l'éligibilité au sursis automatique selon le pays d'accueil (double convention + absence de liste ETNC) SIPNR, BOFIP, avocat fiscaliste Le sursis automatique s'applique à tout État satisfaisant aux conditions de l'art. 167 bis IV CGI, pas uniquement aux États de l'UE/EEE
Avant le départ Signalement du départ fiscal et communication de la nouvelle adresse SIP via messagerie sécurisée impots.gouv.fr Transfert du dossier vers SIPNR ; éviter l'imposition continue sur revenus mondiaux
Avant le départ Clôture des livrets réglementés non accessibles aux non-résidents (LDDS, LEP) ; maintien possible du Livret A et du PEA (sans nouveaux versements) Établissement bancaire Signalement obligatoire du changement de statut dans tous les cas
Avant le départ Déclaration douanière pour transfert de capitaux ≥ 10 000 € vers pays hors UE Bureau des douanes Obligation légale, règlement (UE) 2018/1672
Avant ou dès le départ Signalement aux établissements financiers du changement de statut fiscal Banques, assureurs, dépositaires Reclassement des comptes ; adaptation des contrats d'assurance-vie
Dès l'arrivée Organisation de la couverture santé et évaluation de l'adhésion à la CFE CFE, assureur international, CLEISS Continuité de couverture selon pays et statut
Dès l'arrivée Inscription au registre consulaire des Français établis hors de France Consulat ou service-public.fr Facultatif mais recommandé ; validité 5 ans
Année N+1 Double déclaration : formulaire 2042 (résident) + formulaire 2042 NR (non-résident) SIPNR Répartition des revenus selon la date de transfert de domicile
Chaque année Déclaration IFI si biens immobiliers français nets supérieurs à 1 300 000 € SIPNR Assiette limitée aux actifs français (art. 964 CGI)

FAQ

Pour les contribuables soumis à l'exit tax qui partent vers un État ne bénéficiant pas du sursis automatique, la demande de sursis expresse doit être déposée auprès du SIPNR au plus tard 90 jours avant le transfert de domicile fiscal, avec le formulaire 2074-ETD et une proposition de garanties (art. 41 tervicies A, annexe 3 CGI). Au-delà de cette contrainte légale, un délai d'au moins six mois est recommandé pour conduire un audit patrimonial complet, restructurer les enveloppes d'épargne et organiser la couverture sociale.
Le sursis automatique ne se limite pas aux États membres de l'UE ou de l'EEE. Il s'applique à tout État ou territoire ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative anti-fraude et une convention d'assistance mutuelle au recouvrement comparable à la directive 2010/24/UE, et ne figurant pas sur la liste des États non coopératifs (art. 167 bis IV CGI et art. 238-0 A CGI). Certains pays comme l'Île-Maurice ou le Maroc en bénéficient, quand la Suisse ou les Émirats arabes unis n'y sont pas éligibles. La vérification préalable auprès du SIPNR ou du BOFIP est indispensable.
L'assurance-vie souscrite en France peut en principe être conservée, mais la fiscalité des rachats évolue selon la convention bilatérale avec le pays d'accueil, et certains assureurs peuvent restreindre la gestion du contrat. Le PEA peut aussi être conservé, mais aucun versement nouveau n'est possible en qualité de non-résident. Dans les deux cas, un audit contractuel préalable au départ est recommandé. Pour les patrimoines appelés à évoluer dans plusieurs juridictions, l'assurance-vie luxembourgeoise offre une neutralité fiscale lors des changements de résidence.
Oui, si la valeur nette taxable de vos biens et droits immobiliers situés en France est supérieure à 1 300 000 euros. L'article 964 du CGI maintient l'assujettissement à l'IFI pour les non-résidents, mais l'assiette est limitée aux seuls actifs immobiliers français, contrairement aux résidents qui déclarent leur patrimoine immobilier mondial. Les dettes déductibles sont également restreintes aux emprunts ayant financé les biens français imposables.
Non, l'adhésion à la Caisse des Français de l'Étranger est facultative. Elle permet aux ressortissants français résidant à l'étranger de maintenir une couverture volontaire pour les risques maladie et retraite, indépendamment du régime local. Elle s'avère particulièrement utile dans les pays disposant d'une couverture santé insuffisante ou en l'absence de convention bilatérale de sécurité sociale avec la France. Les cotisations sont calculées selon un barème par tranches de revenu.
Les revenus fonciers de location nue restent imposables en France (art. 164 B CGI) et déclarés chaque année au SIPNR. Le taux minimum d'IR est de 20 % jusqu'à un certain seuil et 30 % au-delà (art. 197 A CGI), sauf taux conventionnel plus favorable. Les prélèvements sociaux s'ajoutent à l'IR : 17,2 % pour les non-résidents hors UE/EEE, ou 7,5 % pour les non-résidents affiliés à un régime de sécurité sociale d'un État de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse. Pour les plus-values immobilières réalisées en France, le taux de prélèvements sociaux est de 18,6 % depuis la LFSS 2026.
L'imposition établie au titre de l'exit tax fait l'objet d'un sursis de paiement, et non d'une exonération. Elle peut être dégrevée définitivement si les titres sont conservés pendant le délai légal : deux ans en principe, cinq ans lorsque la valeur globale du portefeuille dépasse 2 570 000 euros au moment du transfert de domicile. La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) n'a pas allongé ces délais. Une cession des titres avant l'expiration du délai entraîne l'exigibilité immédiate de l'impôt en sursis.
Avnear intervient en amont du départ pour conduire un audit patrimonial complet : identification de l'exposition à l'exit tax, vérification du régime de sursis applicable selon le pays d'accueil, analyse de l'IFI résiduel sur les actifs français, revue des enveloppes d'épargne, structuration d'une solution luxembourgeoise adaptée. Prenez contact avec notre équipe pour une analyse préalable de votre situation.

À retenir

- La rupture de résidence fiscale repose sur trois critères alternatifs définis à l'article 4 B du CGI : foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques. Un seul critère actif en France suffit à maintenir le domicile fiscal.

- L'exit tax (art. 167 bis CGI) donne lieu à une imposition immédiate de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS depuis la LFSS 2026) assortie d'un sursis de paiement. Le sursis est automatique pour tout État remplissant les conditions de double convention et d'absence de liste ETNC, quelle que soit son appartenance à l'UE ou à l'EEE. Pour les autres États, la demande expresse doit être déposée 90 jours avant le départ avec le formulaire 2074-ETD.

- Les délais de dégrèvement de l'exit tax restent inchangés après la LFI 2026 : deux ans en principe, cinq ans au-delà de 2 570 000 euros de portefeuille.

- Le PEA peut être conservé après le départ mais ne peut plus recevoir de nouveaux versements en qualité de non-résident.

- Sur les revenus fonciers de location nue, les prélèvements sociaux restent à 17,2 % (taux maintenu par la LFSS 2026) ; ils s'élèvent à 18,6 % sur les plus-values immobilières.

- L'IFI s'applique aux non-résidents sur leurs seuls biens immobiliers français dont la valeur nette taxable est supérieure à 1 300 000 euros (art. 964 CGI).

- L'assurance-vie luxembourgeoise est l'enveloppe de référence pour les patrimoines mobiles, sous réserve du risque Sapin II sur les fonds euros.

L'expatriation est un événement patrimonial structurant, dont les effets dépassent largement la logistique administrative. Chaque étape du calendrier présenté dans ce guide est susceptible d'influer sur la composition, la fiscalité ou la liquidité de votre patrimoine dans les années qui suivent le départ.

Une préparation conduite avec rigueur, six mois au moins avant le transfert de domicile fiscal, permet d'anticiper les contraintes, de saisir les leviers disponibles (restructuration des enveloppes, souscription d'un contrat luxembourgeois, vérification du sursis applicable, analyse de l'IFI résiduel) et d'aborder la nouvelle résidence dans un cadre patrimonial cohérent.

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Résumé

- La date de transfert de domicile fiscal au sens de l'article 4 B du CGI est le pivot de l'ensemble des obligations déclaratives et fiscales liées à l'expatriation.

- L'exit tax (art. 167 bis CGI) donne lieu à une imposition immédiate assortie d'un sursis de paiement au taux global de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS, LFSS 2026). Le sursis est automatique pour tout État ayant conclu avec la France une double convention (assistance administrative anti-fraude et assistance mutuelle au recouvrement) et ne figurant pas sur la liste ETNC. Pour les autres, la demande expresse doit être déposée 90 jours avant le départ avec le formulaire 2074-ETD. Les titres conservés pendant le délai légal (2 ans en principe, 5 ans au-delà de 2 570 000 euros de portefeuille) ouvrent droit à un dégrèvement définitif, délais non modifiés par la LFI 2026.

- Le PEA peut être conservé après le départ, mais aucun versement nouveau n'est possible en qualité de non-résident.

- L'IFI demeure applicable aux non-résidents détenant des biens immobiliers en France dont la valeur nette taxable est supérieure à 1 300 000 euros, sur assiette limitée aux seuls actifs français (art. 964 CGI).

- Sur les revenus fonciers de location nue, les non-résidents sont soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux (taux maintenu par la LFSS 2026). Sur les plus-values immobilières réalisées en France, le taux de prélèvements sociaux est de 18,6 % depuis la LFSS 2026.

- L'assurance-vie luxembourgeoise offre une neutralité fiscale lors des changements de résidence. Les fonds euros qu'elle peut incorporer restent exposés au risque de suspension des rachats prévu par la loi Sapin II.

- L'inscription au registre consulaire, bien que facultative, ouvre l'accès à la protection consulaire et à certaines prestations liées à la résidence à l'étranger.

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Sources et références réglementaires

- Article 4 B du CGI : Critères de domiciliation fiscale des personnes physiques (Légifrance, version consolidée en vigueur)

- Article 164 B du CGI : Revenus de source française des non-résidents (Légifrance)

- Article 167 bis du CGI : Régime de l'exit tax et sursis de paiement (Légifrance, version consolidée à vérifier avant publication)

- Article 197 A du CGI : Taux minimum d'imposition des non-résidents (Légifrance)

- Article 238-0 A du CGI : Liste des États et territoires non coopératifs (Légifrance)

- Article 964 du CGI : Champ d'application de l'IFI pour les non-résidents (Légifrance)

- Article 1649 A du CGI : Obligation de déclaration des comptes bancaires étrangers (Légifrance)

- Article 41 tervicies A, annexe 3 du CGI : Délai et modalités de la demande de sursis expresse exit tax (Légifrance)

- BOFIP, BOI-IR-DOMIC-10 : Résidence fiscale des personnes physiques (DGFIP, 04/2024)

- BOFIP, BOI-RPPM-PVBMI-50-10 : Exit tax, modalités déclaratives et de paiement (DGFIP, version post-LFI 2024 à vérifier)

- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 : Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (taux de prélèvements sociaux)

- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 : Loi de finances pour 2026

- Loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 (Loi Sapin II), art. 49 : mécanisme de suspension des rachats sur fonds euros

- Règlement (UE) 2018/1672 du 23 octobre 2018 : Contrôles des capitaux entrant dans l'Union ou sortant de l'Union

- Service-public.fr : Impôt sur le revenu d'un Français qui part vivre ou travailler à l'étranger (03/2025)

- Impots.gouv.fr : Je pars vivre à l'étranger, quelles démarches dois-je accomplir ? (02/2025)

- Caisse des Français de l'Étranger : Présentation des régimes et modalités d'adhésion (www.cfe.fr, consulté 04/2025)

- CLEISS : Centre de liaison européen et international de sécurité sociale (www.cleiss.fr)

- Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, France Diplomatie : Fiscalité des Français résidant à l'étranger (consulté 04/2025)

Mentions et conformité

Les informations contenues dans ce guide sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas un conseil juridique, fiscal ou financier individualisé. Malgré le soin apporté à leur exactitude et leur actualisation, Avnear ne saurait être tenu responsable des décisions prises sur la base de ce document. Toute opération patrimoniale doit faire l'objet d'une analyse personnalisée prenant en compte la situation spécifique du lecteur, sa résidence fiscale, ses objectifs et ses contraintes. Il est fortement recommandé de consulter un professionnel agréé (conseiller en gestion de patrimoine, avocat fiscaliste, notaire) avant toute souscription ou structuration patrimoniale.

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