Si la droite arrive au pouvoir en 2027 : pas de nouvel impôt, mais quel risque reste sur votre patrimoine
Aucun nouvel impôt sur le patrimoine n'est prévu par le programme de la droite pour 2027. C'est le scénario le moins anxiogène des trois sur le plan fiscal direct. Mais l'absence de nouvel impôt ne signifie pas l'absence de risque : un déficit qui continue de se creuser, une dette qui continue de grimper, et une mesure ciblée sur les hauts patrimoines déjà évoquée changent la nature du risque sans le supprimer.
Si vous détenez plus de 300 000 euros de patrimoine, cet article vous concerne, avec un niveau d'urgence différent des deux autres scénarios : il ne s'agit pas ici d'anticiper un nouvel impôt, mais de comprendre pourquoi la structuration reste pertinente même dans le scénario le plus favorable en apparence.
Ce que prévoit le programme porté par la droite
Le programme du candidat des Républicains repose sur un choc fiscal de compétitivité de 40 milliards d'euros, une réforme des retraites portant l'âge légal à 65 ans, une réduction des effectifs de la fonction publique et une baisse des dépenses publiques, sans hausse d'impôt annoncée. Une baisse des dépenses publiques de 80 milliards d'euros est également évoquée, associée à une baisse des charges sur les entreprises.
Sur le volet strictement patrimonial, l'absence de mesure comparable à l'IFF du RN ou à l'ISF de la gauche constitue la différence structurante de ce scénario. Le risque ne se loge pas dans une nouvelle assiette taxable, mais ailleurs : dans l'évolution du déficit et dans une mesure ciblée qui reste, à ce stade, à l'état d'évocation plutôt que de proposition chiffrée.
La contribution de solidarité sur les hauts patrimoines : une mesure évoquée, pas encore chiffrée
Une « contribution de solidarité » ciblant « les plus fortunés » figure parmi les pistes budgétaires évoquées à droite, aux côtés d'un gel des dépenses de l'État, des retraites et du barème de l'impôt sur le revenu, ainsi que d'une transformation de l'abattement fiscal de 10 % des retraités en un forfait.
Trois éléments distinguent cette piste des deux scénarios précédents. D'abord, elle n'est associée à aucun barème, aucun seuil et aucun rendement chiffré à ce stade : c'est une intention budgétaire, pas encore une architecture fiscale. Ensuite, elle est présentée comme une mesure de compensation ponctuelle dans un plan d'ensemble axé sur la baisse de la dépense, non comme un nouvel impôt structurel destiné à durer. Enfin, le gel du barème de l'impôt sur le revenu, s'il est maintenu plusieurs années sans revalorisation, produit un effet fiscal réel par le jeu de l'inflation : des revenus nominalement stables basculent progressivement dans des tranches marginales plus élevées, un mécanisme parfois qualifié de fiscalité passive car il ne nécessite aucun vote de hausse de taux.
Le vrai risque du scénario droite : la trajectoire de la dette, pas la fiscalité
Selon une simulation indépendante, le programme porté par la droite, malgré son absence de hausse d'impôt, verrait la dette publique française atteindre 127 % du PIB à l'horizon 2030, avec un déficit qui resterait proche du seuil européen de 3 % sans le respecter formellement.
Ce chiffre mérite d'être mis en perspective : une dette qui continue de croître, même sous un scénario de rigueur budgétaire revendiquée, maintient la pression qui a déjà conduit à la hausse des prélèvements sociaux sur le capital en 2026, indépendamment de toute étiquette politique. Le raisonnement est simple. Si la baisse de la dépense publique promise ne suffit pas à ralentir la progression de la dette, la tentation d'un ajustement fiscal supplémentaire, sur le capital ou sur le revenu, reste disponible pour tout gouvernement ultérieur confronté à la même contrainte de marché. Un scénario sans nouvel impôt en début de mandat n'est pas une garantie d'absence d'impôt supplémentaire en cours de mandat, si la trajectoire budgétaire se dégrade.
Ce que trois profils patrimoniaux verraient changer
Ces chiffrages restent indicatifs et ne se substituent pas à un audit personnalisé de votre situation.
Un scénario chiffré illustratif
Prenons le profil d'un couple de retraités, la soixantaine, profil illustratif, avec un patrimoine de 1,1 million d'euros dont 700 000 euros en résidence principale et 400 000 euros en assurance-vie, pour une pension mensuelle cumulée de 6 000 euros. Aujourd'hui, ce couple bénéficie de l'abattement de 10 % sur ses pensions de retraite et n'est redevable d'aucun impôt sur la fortune.
Sous le scénario porté par la droite, ce couple resterait hors du champ de tout impôt sur le patrimoine. En revanche, si l'abattement de 10 % bascule vers un forfait fixe et que les retraites sont gelées pendant plusieurs années sans revalorisation, l'effet cumulé sur le pouvoir d'achat réel de ce couple, sans qu'aucune ligne d'impôt supplémentaire n'apparaisse sur son avis d'imposition, peut atteindre plusieurs centaines d'euros par mois d'ici la fin d'un quinquennat. C'est un risque diffus, non chiffrable avec la même précision qu'un barème d'impôt sur la fortune, mais réel sur la durée.
Avnear distingue trois leviers de préparation, même dans le scénario le plus favorable
Le scénario porté par la droite ne supprime pas l'intérêt d'une structuration patrimoniale, il en change la nature. Avnear identifie trois leviers pertinents dans ce contexte spécifique.
Le premier est l'arbitrage entre revenu et capital : dans un scénario de gel du barème de l'impôt sur le revenu combiné à l'absence de nouvel impôt sur le capital, les enveloppes qui permettent de différer ou de capitaliser un revenu plutôt que de le percevoir immédiatement, comme l'assurance-vie, conservent ou renforcent leur pertinence relative. Le deuxième est la vigilance sur la contribution de solidarité évoquée : tant qu'aucun texte ne précise son assiette, un patrimoine financier significatif ne doit pas être considéré comme définitivement hors risque, et un audit permet d'identifier les marges de manœuvre disponibles avant toute clarification. Le troisième est la préparation à un scénario de dégradation budgétaire : si la trajectoire de la dette ne s'améliore pas malgré la baisse de la dépense annoncée, la probabilité d'un ajustement fiscal en cours de mandat augmente mécaniquement, ce qui justifie de conserver une allocation diversifiée entre enveloppes françaises et luxembourgeoises plutôt que de considérer ce scénario comme définitivement sans risque.
Ce qui reste incertain
Deux questions restent ouvertes. La première concerne le contenu exact de la contribution de solidarité sur les hauts patrimoines : aucun barème, aucun seuil, aucune assiette précise n'a été rendu public à ce stade, ce qui empêche tout chiffrage individuel fiable. La seconde concerne la capacité réelle du programme à tenir sa trajectoire de baisse de la dépense publique : l'écart entre l'objectif affiché et la simulation indépendante à 127 % du PIB en 2030 laisse ouverte la question d'un ajustement fiscal correctif en cours de mandat, dont la nature ne peut être anticipée avec précision aujourd'hui.
Résumé
- Le programme porté par la droite ne prévoit aucun nouvel impôt sur le patrimoine, contrairement aux deux autres scénarios.
- Une contribution de solidarité sur les hauts patrimoines est évoquée, sans barème ni seuil précisés à ce stade.
- Le gel du barème de l'impôt sur le revenu et la transformation de l'abattement retraite en forfait produisent un effet fiscal réel sans hausse de taux affichée.
- Une simulation indépendante projette une dette à 127 % du PIB en 2030 sous ce programme, malgré l'absence de hausse d'impôt.
- L'absence de nouvel impôt en début de mandat ne garantit pas l'absence d'ajustement fiscal en cours de mandat si la trajectoire budgétaire se dégrade.
À retenir
- C'est le scénario le moins anxiogène sur le plan fiscal direct, pas le scénario sans risque patrimonial.
- Le risque principal est budgétaire et diffus, pas un nouvel impôt identifiable.
- La contribution de solidarité évoquée reste à l'état d'intention, à surveiller sans anticiper de chiffrage précis.
- La diversification des enveloppes reste pertinente même dans ce scénario, en couverture d'un ajustement fiscal ultérieur possible.
FAQ
Sources et références réglementaires
- Programme économique du candidat des Républicains, simulation budgétaire : France Budget, 06/2026, https://francebudget.fr/scenarios/lr-2027
- Baisse de dépenses publiques et charges entreprises, entretien Le Figaro : ÉlyséeScope, 06/2026, https://www.elyseescope.com/candidat/bruno-retailleau/programme-economique
- Contribution de solidarité, gel des dépenses et des retraites, transformation de l'abattement retraite : Les Républicains, 07/2025, https://republicains.fr/actualites/2025/07/18/bruno-retailleau-en-2027-je-ferai-tout-pour-faire-gagner-la-droite/
- Prélèvements sociaux à 18,6 % depuis la LFSS 2026 : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025
Clause de conformité
Les informations contenues dans ce document sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas un conseil juridique, fiscal ou financier individualisé. Malgré le soin apporté à leur exactitude et leur actualisation, Avnear ne saurait être tenu responsable des décisions prises sur la base de ce document. Toute opération patrimoniale doit faire l'objet d'une analyse personnalisée prenant en compte la situation spécifique du lecteur, sa résidence fiscale, ses objectifs et ses contraintes. Il est fortement recommandé de consulter un professionnel agréé (conseiller en gestion de patrimoine, avocat fiscaliste, notaire) avant toute souscription ou structuration patrimoniale.
de votre fortune
Le risque ne se prédit pas. Il se gère




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