Fiscalité de sortie du PER en 2026 : capital, rente et comment arbitrer
À la sortie du PER, le capital issu de versements déduits est imposé au barème de l'impôt sur le revenu, et les gains à la fiscalité forfaitaire de 31,4 %. La rente est imposée selon le régime des pensions ou des rentes viagères à titre onéreux, selon que les versements ont été déduits ou non. Le choix dépend de votre fiscalité et de vos besoins.
La sortie est le moment où le PER tient, ou ne tient pas, sa promesse fiscale. Toute l'économie du dispositif repose sur l'écart entre la fiscalité évitée à l'entrée et celle subie à la sortie. Or cette fiscalité de sortie est mal comprise, parce qu'elle dépend de deux variables croisées : la forme de la sortie, capital ou rente, et le traitement des versements à l'entrée, déduits ou non.
Cet article décompose chaque cas, avec les taux et les barèmes à jour, puis aide à arbitrer entre capital et rente selon la situation. Il s'adresse à l'épargnant qui approche de la retraite ou qui veut comprendre, avant de verser, ce qui l'attend à la sortie. Pour le choix du contrat lui-même, notre comparatif des meilleurs PER détaille les critères.
Le principe : deux variables déterminent la fiscalité de sortie
La fiscalité de sortie du PER ne se résume pas à un taux unique. Elle dépend du croisement de deux choix. Le premier est la forme de la sortie : en capital, en une ou plusieurs fois, ou en rente viagère versée jusqu'au décès, les deux pouvant se combiner. Le second est le traitement fiscal des versements à l'entrée : la plupart des épargnants ont déduit leurs versements de leur revenu imposable, mais certains y ont renoncé, par exemple les contribuables faiblement imposés pour qui la déduction présentait peu d'intérêt.
De ce croisement naissent quatre situations fiscales distinctes. Comprendre laquelle s'applique est indispensable, car l'écart de fiscalité entre elles est important. Une règle constante traverse tous les cas : la part de capital et la part de gains sont toujours traitées séparément. Le capital correspond aux versements, les gains à ce que l'épargne a produit, et chacun suit sa propre fiscalité.
Sortie en capital avec versements déduits : le cas le plus fréquent
C'est la situation de la majorité des épargnants, qui ont déduit leurs versements à l'entrée et choisissent de récupérer leur épargne en capital. La fiscalité distingue alors nettement les deux composantes.
La part correspondant aux versements déduits est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des revenus, sans l'abattement de 10 % applicable aux pensions. Elle s'ajoute aux autres revenus de l'année de sortie, ce qui peut faire monter dans les tranches : c'est un point d'attention majeur, car une sortie en capital massive la même année peut être lourdement taxée. La part correspondant aux gains, elle, supporte la fiscalité forfaitaire globale de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option pour le barème. Étaler la sortie en capital sur plusieurs années permet de limiter l'effet de tranche sur la part imposée au barème.
Sortie en capital avec versements non déduits
Cette situation concerne l'épargnant qui a renoncé à la déduction à l'entrée, choix possible et parfois pertinent pour un contribuable faiblement imposé. La logique fiscale s'inverse alors en sa faveur.
La part correspondant aux versements non déduits est totalement exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, puisque l'avantage fiscal n'a pas été pris à l'entrée. Seuls les gains restent imposés, à la fiscalité forfaitaire globale de 31,4 %. Ce cas est nettement plus favorable à la sortie, ce qui est logique : l'épargnant n'ayant pas bénéficié de la déduction à l'entrée, il ne subit pas l'imposition correspondante à la sortie. C'est l'arbitrage de fond du PER, déduire à l'entrée pour être imposé à la sortie, ou l'inverse, qui se joue ici.
Sortie en rente : deux régimes selon les versements
La sortie en rente viagère verse un revenu périodique jusqu'au décès, plutôt qu'un capital en une fois. Sa fiscalité dépend là encore du traitement des versements à l'entrée, selon deux régimes distincts.
Si les versements ont été déduits, la rente est imposée comme une pension de retraite : barème de l'impôt sur le revenu après abattement de 10 %, avec des prélèvements sociaux relevant du régime des revenus de remplacement, et non de celui des revenus du capital. À ce titre, le taux de CSG dépend du revenu fiscal de référence du retraité, et cette catégorie n'est pas concernée par la hausse des prélèvements sociaux de 2026 qui frappe les seuls revenus du capital. Si les versements n'ont pas été déduits, la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction de la rente est imposable, déterminée par l'âge du bénéficiaire au premier versement. Cette fraction est de 30 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 60 % entre 60 et 69 ans, et 70 % à partir de 70 ans. Plus on liquide la rente tard, plus la fraction imposable est élevée, mais elle reste partielle, ce qui allège la fiscalité par rapport à une pension classique.
Capital ou rente : comment arbitrer
Le choix entre capital et rente n'est pas qu'une question de fiscalité, mais celle-ci pèse lourd. La sortie en capital donne la maîtrise totale de l'épargne : on dispose des fonds, on les réinvestit, on les transmet. Elle convient à qui veut garder le contrôle, financer un projet, ou organiser sa transmission. Son risque est fiscal, l'imposition de la part versements au barème pouvant être lourde si elle est concentrée sur une seule année. Le fractionnement de la sortie en capital sur plusieurs exercices est alors le levier d'optimisation principal.
La sortie en rente garantit un revenu à vie, ce qui protège contre le risque de longévité, le risque d'épuiser son capital de son vivant. Elle convient à qui privilégie la sécurité d'un revenu régulier sur la maîtrise du capital. Son inconvénient est l'irréversibilité, le capital étant définitivement converti et non transmissible de la même façon, et une fiscalité variable selon le régime applicable. La sortie mixte, une partie en capital pour les projets, une partie en rente pour la sécurité, est souvent le meilleur compromis. Cet arbitrage dépend de la situation patrimoniale, de l'espérance de vie estimée, du besoin de revenu et de la fiscalité personnelle : il se prépare, idéalement, plusieurs années avant la liquidation.
Conclusion
La fiscalité de sortie du PER n'est complexe qu'en apparence : elle se déduit du croisement de deux variables, la forme de la sortie et le traitement des versements à l'entrée. Le capital issu de versements déduits est imposé au barème, les gains au forfait de 31,4 %, et la rente suit le régime des pensions ou des rentes viagères à titre onéreux. La règle d'or est d'anticiper : fractionner une sortie en capital évite l'effet de tranche, et le choix entre capital et rente se prépare en amont selon ses besoins et sa fiscalité. C'est précisément parce que la sortie détermine le rendement réel du dispositif qu'elle mérite d'être pensée dès l'ouverture. Pour choisir un contrat adapté à votre stratégie de sortie, notre comparatif des meilleurs PER détaille les critères.
FAQ
Résumé
- La fiscalité de sortie du PER dépend de deux variables : la forme de la sortie (capital ou rente) et le traitement des versements à l'entrée (déduits ou non).
- Capital avec versements déduits : la part versements est imposée au barème de l'IR sans abattement, les gains à la fiscalité forfaitaire de 31,4 %.
- Capital avec versements non déduits : la part versements est exonérée, seuls les gains sont taxés à 31,4 %.
- Rente avec versements déduits : régime des pensions, barème après abattement de 10 %, prélèvements sociaux du régime des revenus de remplacement, épargnés par la hausse 2026.
- Rente avec versements non déduits : rentes viagères à titre onéreux, fraction imposable selon l'âge, de 30 % à 70 %.
- Fractionner une sortie en capital sur plusieurs années évite l'effet de tranche ; la sortie mixte combine maîtrise et sécurité.
À retenir
- Anticiper la sortie dès l'ouverture : elle détermine le rendement réel du PER.
- Fractionner la sortie en capital est le principal levier pour éviter l'effet de tranche sur la part versements.
- La rente issue de versements non déduits est fiscalement allégée par le régime des rentes viagères à titre onéreux.
- La sortie mixte, capital plus rente, est souvent le meilleur compromis entre maîtrise et sécurité du revenu.
Sources et références réglementaires
- Code général des impôts, art. 158 : régime d'imposition des pensions et des rentes viagères à titre onéreux, fractions imposables selon l'âge. Légifrance (consultation 06/2026).
- Code général des impôts, art. 200 A : prélèvement forfaitaire unique applicable aux gains du PER à la sortie. Légifrance (consultation 06/2026).
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 : prélèvements sociaux à 18,6 % sur les revenus du capital, hors revenus de remplacement. Légifrance (12/2025).
- Bulletin officiel des finances publiques, BOI-RSA-PENS-30-20 : rentes viagères à titre onéreux et fractions imposables par âge. Bofip.impots.gouv.fr (consultation 06/2026).
- Code monétaire et financier, art. L. 224-1 et suivants : modalités de sortie du plan d'épargne retraite. Légifrance (consultation 06/2026).
Clause de conformité
Les informations contenues dans ce guide sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas un conseil juridique, fiscal ou financier individualisé. Malgré le soin apporté à leur exactitude et leur actualisation, Avnear ne saurait être tenu responsable des décisions prises sur la base de ce document. Toute opération patrimoniale doit faire l'objet d'une analyse personnalisée prenant en compte la situation spécifique du lecteur, sa résidence fiscale, ses objectifs et ses contraintes. Il est fortement recommandé de consulter un professionnel agréé (conseiller en gestion de patrimoine, avocat fiscaliste, notaire) avant toute souscription ou structuration patrimoniale.
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